> Chips et Cosmophysique <

LE GRAPHIQUE DE BOSCOP


Trio médiéval : Le peuple est roi, le peuple est riche, le peuple est beau, le peuple est toujours le plus con, le peuple souffre, le peuple chante...

Conteuse : La scène est à St Rupert, basse Lozère.

Dorothée : Clémentine ? Tu fais quelque chose ?
Clémentine : Oui.
Dorothée : Bon.
Pissenlit : Fait quequ'chose 'mentine hein.
Dorothée : Et tu fais quoi au juste ?
Clémentine : Bah je joue à la marelle.
Pissenlit : La ma'elle, la ma'elle.
Clémentine : Arrête.
Dorothée : Tu devrais venir voir comment on prépare l'abatis de volaille à la piémontaise, que tu sauras encore pas et qu'un jour tu le regretteras.
Clémentine : Ça c'est sûr que je l'regretterais ouais.
Pissenlit : Ça c'est sûr, ça c'est sûr, ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça c'est sûr, çaaaa c'est sûr, ça c'est sûr...
Clémentine : Oh bijoux ça suffit deux fois oui ?
Dorothée : Pissenlit est avec toi ?
Clémentine : Ouais, et y fait rien lui hein ?
Dorothée : Tu m'étonnes.
Pissenlit : Eh Pissenlit y fait jamais rien.
Dorothée : Gnègnè. Bon, alors et mon roux qu'attache.
Clémentine : Oh ! C'est pas vrai ?
Dorothée : Si mais regarde !
Clémentine : Beuah ben ça attache ça madame...
Dorothée : Ben oui eh.
Clémentine : Eh ben c'est pas un roux.
Dorothée : Quoi ?
Clémentine : Un roux c'est quand ya des oignons.
Dorothée : Des oignons ? Pourquoi pas du caviar ?
Clémentine : Bah, je parle pour un roux, pas pour la bouffe en général... un roux...
Dorothée : Ah, n'empêche que ça attache. Tu m'aiderais pas ?
Clémentine : Ah ben non.
Dorothée : Et toi ?
Pissenlit : Moi ? Ça va pa 'a tête non ? Je vais pas aider ehehe...
Dorothée : Ça va changer cette histoire ? Attendez que votre père revienne...

Roger entre
Roger : Voilà tiens, justement hehe.
Clémentine : Ouaaahhh...
Pissenlit : Ooooh...
Clémentine : Encore uneuuuh...
Roger : Chut !
Clémentine : ...surprise.
Roger : Qui c'est qui va changer m'ame Dendron ?
Dorothée : Qu'est-ce c'est ta surprise ?
Roger : Tadannnn !
Dorothée : Oh encore une cafetière tu charries non ?!
Pissenlit : Nan nan nan, j'aime les catefières, elles sont belles !
Dorothée : C'est la vingt-troisième alors...
Roger : Mais... soit pas bête ! Eh... si les poubelles étaient pleines de visons, j'te les ramèneraient pareil.
Dorothée : Aha, j'aime pas la fourrure alors...
Roger : Haha, les aut' bonnes femmes, faut croire que c'est les cafetières qu'elles aiment pas. Alors ? C'est quoi qui va changer, tu dis... qu'ça va changer ?
Dorothée : Clémentine veut plus bosser.
Clémentine : Oah rapporteuse eh... cafetière !
Roger : Qu'est-ce que c'est c't'histoire ?
Dorothée : Demande.
Roger : Tu rigoles ou quoi, qui... eh qui c'est qui va nourrir la famille alors ?
Pissenlit : Bah ? Et mon aveni' alors hein ? Où j'vais moi ? Beuh !
Roger : Clémentine écoutes-moi... bon tu me connais c'est pas la question bosser, pas bosser, euh... je suis pas moraliste, l'émancipation par le travail tout ça j'en suis revenu, hein... ouais mais moi... moi tout seul boueux ça suffit pas pour nous faire vivre à quatre dessus... une fois que t'as retiré les impots sur le revenu, et la sécu...
Clémentine : ...sur la commode.
Roger : Sur la ?... Arrêteuuh ça suffit pas j'te dis.
Dorothée : Non !
Roger : Quoi "non" l'aut' ?
Dorothée : Non ! Euuuuh oui ! Oooh...
Roger : Ah bah oui ! Ah ! C'est pas pareil ! Oui... oui je sais c'que tu penses hein... toi aussi, que si je gagnais plus, je paierais moins d'impots. Ah ça c'est sûr.
Pissenlit : Ça c'est sûr, ça c'est sûr, ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça... c'est... sûr...
Roger : C'est quand même un monde que tu sens pas quand t'énerves ta soeur toi. Alors qu'est-ce que je disais ?
Pissenlit : Euuh... ça c'est sûr.
Clémentine : Nan ! Tu disais "pot".
Roger : Non mais euh.. ah "pot". Ouais. Et... avant ?
Clémentine : Ah ben avant "pot" qu'est-ce qu'on dit ? "moins d'im".
Roger : Moins d'im... pots ! Voilà... alors réponds... qu'est-ce que tu veux tricher les impots, hein, sur un salaire minable et boueux.
Clémentine : De boueux.
Roger : De... et boueux. Minable et boueux.
Clémentine : Non "de". C'est toi l'éboueux.
Roger : L'éb... non mais c'est une figure de style s'tu veux.
Clémentine : Eh ben on mangera nos abatis de volaille nature hein, on va pas pleurer.
Dorothée : Bon eh, et ça te fait rire ?
Clémentine : Eh, au départ j'vous avait prévenu, hein, le trottoir ça va bien jusque quatorze, quinze ans pas plus.
Roger : Pourquoi ?
Clémentine : Parce que t'as la candeur, pis l'innocence.
Roger : Dit pas ça... jamais t'as eu ça.
Clémentine : Oaheh je l'ai eu eh une fois. Mais plus tard, quand le fardeau des années, à pas lents, alourdis ta frêle silhouette aux rondeurs prometteuses, alors c'est les insultes, les menaces, les coups de pieds par-derrière, merci. Moi si j'm'arrête pas maintenant, après j's'rai meutrie par la vie. [...]
Roger : Où c'est que t'as ramassé ce vocabulaire-là toi ?
Clémentine : Euuh [Bernich] et Nouvel Obs.
Roger : Bon remarque elle a raison la p'tite... ça une fois qu'on est meurtri, on est meurtri. C'est pas une raison pour foutre l'ambiance par terre. C'est pas un drame. Ya juste qu'à quoi... ya juste à revendre deux trois cafetières pour s'acheter des patates comme quand t'étais petite.
Pissenlit : On pourra faire du hachi pa'mentier hein ?
Roger : Oah l'aut'. Eh du hachi non eh... pour faire du hachi faudrai déjà avoir quelque chose à hacher pour ça.
Pissenlit : Ben les patates eh.
Roger : Les patates ? Eh ! Le hachi pur patates c'est triste. Eh pour améliorer l'ordinaire faut pas compter sur vot' mère aussi... qu'est une feignaaasse.
Dorothée : Eh oui ça non.
Roger : Ni sur le taré de frangin y peut pas mettre un pied devant l'autre eh.
Pissenlit : Blblbl.
Roger : Hehe, 'gade moi, 'gade la bouche... voilà, voilà. Voilà c'que j'appelle une bouche typique inutile, voilà.
Pissenlit : GNEE PAS VAAVE EHO !
Roger : Ah... [j'vois l'exemple], qu'est-ce qui dit là ?
Clémentine : Hein ?
Pissenlit : Gné... gné... pas démandé à viv'.
Roger : Aaah Ha Ha ! L'enflure horrible... donc y m'dit j'ai pas demandé à vivre... héhéhé.
Clémentine : Bah quoi c'est vrai.
Roger : Si y m'avait demandé, mon vieux il avait aucune chance... ahahaaa.... ça c'est sûr.
Pissenlit : Ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça c'est sûr...
Dorothée : Alors qui est-ce qui m'a encore piqué une tête de poulet ?
Pissenlit : C'est 'mentine ! Elle l'a ! Elle l'a la tête...
Dorothée : Ça va pas 'mentine ? Alors on gâche la nourriture maintenant ?
Roger : Enfin quoi ? Tu peux pas prendre un palet comme tout l'monde ?
Pissenlit : Palet !
Clémentine : Le palet c'est plus difficile à trouver que les têtes de poulets...
Pissenlit : Poulet !
Clémentine : ...surtout qu'ici c'est le plat national... oah pleure pas eh allez j'vous laisse ma part eh salut minables !
Roger : Eh répète, répète c'que t'as dit là ?
Clémentine : Minables !

Clémentine sort
Roger : Bon. Elle a obéit pour un coup.
Dorothée : Elle est rudement aigrie cette petite.
Roger : Elle est aigrie tu parles, faut voir dans quel milieu familial qu'elle s'trimballe...
Pissenlit : Poulet ! poulet ! poulet ! palet ! palet ! palet ! poulet ! coooock !
Roger : Tiens bah eh, t'as gagné avec tes abatis, on en a pour quinze jours tranquille.
Pissenlit : Poueeek !
Roger : Oh ! Hohooo. J'avais pas vu. Elle a encore mis ses beaux bigoudis ma ruflette.
Dorothée : Des bigoudis... mon pauv' vieux avec c'que tu gagnes mais c'est des papillottes !
Roger : Des... comment... des papillottes... qu'elle a mis. Ça fait décoratif...
Dorothée : Y faudrait des produits... avec c'que tu gagnes, la bière vaut mieux la boire que s'la mettre sur la tête.
Roger : Et même euh... si j'gagnais plus ?
Dorothée : Quoi même si ?
Roger : Pour la bière...
Dorothée : Quelle bière ?
Roger : Sur la tête à ma ruflette...
Dorothée : Oh mais c'est pas vrai... [...]
Roger : Il a pas de sanche aujourd'hui, elle dans chon zour de mésancheté.
Dorothée : Dis-donc... avec c'que tu gagnes... j'peux pas chanter du matin jusqu'au...
Pissenlit, Roger & Dorothée : ...soir !
Roger : J'vous trouve un peu injuste hein m'ame Dendron, que normalement, quand à ma nature on est clodos... on est pas éboueur en titre.
Pissenlit : Eeeh Pissenlit y peut faire boueu' avec sa nature moi je fais !
Roger : Gnèèè, tu m'as l'air, c'est pas à la portée du premier débile venu.
Dorothée : Ils prennent pourtant pas mal d'immigrés.
Roger : Je... aucun rapport. T'façon la politique étrangère on y peut rien nous.
Dorothée : N'empêche que ça leurs coûteraient rien d'essayer Pissenlit. Oui ! Il parait que quatre handicapés peuvent faire le travail d'un homme normal.
Roger : C'est paaaaas vrai ça c'est faux. C'est des combines pour les payer quatre fois moins chacun ouais.
Dorothée : Ooh ben n'empêche que ça serait toujours ça.
Roger : Aaaha ! Toujours ça. Alors eh j'ai qu'à en trouver trois autres pareils pour aller présenter le miens heh.
Pissenlit : Eeeeh ji suis pas handicapé moieh ! Attention là !
Roger : Non c'est vrai... il est pas handicapé il est con. Il est pas handicapé non. Mais t'iras leur dire toi-même que t'es pas handicapé parce que j'veux pas passer pour un...
Dorothée : N'empêche que quand y fait la vaisselle y casse pas plus qu'un autre. Hein ?
Roger : Assurément madame n'empêche.
Dorothée : Bon alors tu l'aides pas tu fais rien. Non ? C'est pas grâce à toi qu'y va faire des progrès.
Roger : Des progrès l'aut' eh... quand ils en sont à ce stade là faut plus y toucher... c'est un proverbe Turc.
Pissenlit : Pètchezazè !
Roger : Ah c't'un bon exemple ça... qu'est-ce qu'y dit ?
Dorothée : Y dit "Père, tu exagères".
Roger : Hein ? Y dit "Père tu exagères" ?
Pissenlit : Ouais !
Dorothée : Qu'est-ce que ça a d'extraordinaire ?
Roger : Je dis pas qu'ça a d'extrao... d'abord... on dit "Père, VOUS exagérez". Et d'une.
Pissenlit : Aaah oui mais ça ça 'ime pas ! Pitiézagè c'est beau ça 'ime, mais pè vos ezagéez, faut êt con pou di ça ! Eh con 'ui.
Roger : Quand on est pas foutu de gagner sa vie convenablement, on s'amuse pas à faire des beaux rimes et en écorchant la syntaxe j'appelle ça moi. Alors range ta chemise. Bon je verrai, je verrai si on peut t'embaucher à la voirie... hehehe la gueule des mecs. C'est vrai, ta vie elle vaut pas chère, mais au moins elle sera pas cassante à gagner celle-là...
Pissenlit : Eh.. eh... pis j'ai pas de besins !
Roger : Non euh dis-le bien, des besoins.
Pissenlit : Oui... euh... pis j'ai pas de besins !
Roger : Le geste, j'men fout le geste, garde le geste, dis j'ai pas de besoins. Vas-y.
Pissenlit : Ouais. Ouais. Pis j'ai pas de besins hein hein ?!
Roger : Alors je m'en occupe pas peut-être hein ? Qui c'est qui se la cogne la dyslexie là ? Des be-soins ! Dis-le bien, j'te claque la gueule.
Pissenlit : Oui. Pis. PIS J'AI PAS D'BESINS ! Hein ?

Pissenlit s'enfuit
Roger : Ahaha !
Dorothée : Oh non ! C'est pas le moment hein...
Roger : C'est gentil moi hein c'est pour avoir un peu de conversation, c'est pas par mesure d'érotisme. Hein. Alors ? Alors y sont à quoi aujourd'hui ces bons abatis de volaille à ma ruflette ?
Dorothée : A la piémontaise évidemment !
Roger : Aaaah. Evidemment parceque...
Dorothée & Roger : ...avec c'que j'gaaaagne.
Pissenlit : Eh... eh... bésoins !

Intermède
La Fleur : Le mec !
Clémentine : Ouais ! Alors j'lui fait : "Non monsieur, vous êtes trop tard".
La Fleur : Oh ?
Clémentine : Ouais, ben non parce que je fais toujours des fautes de français pour me rajeunir un peu. "Monsieur vous êtes trop tard, je suis en chômage technique depuis plusieurs heures à c't'heure". La gueule...
La Fleur : Tu lui dis ça ?
Clémentine : Ouais.
La Fleur : Ben c'est qu't'es con hein.
Clémentine : Pourquoi ?
La Fleur : Ben parce que, le chômage technique, c'est quand on a pas assez de boulot pour le nombre d'ouvriers. Toi c'est exactement le contraire.
Clémentine : Ben oui mais j'allais pas lui dire "chuis en technique chômage"...
La Fleur : Oh pourquoi pas...
Clémentine : Ouais remarque...
La Fleur : Et alors ?
Clémentine : Ben alors y m'fait, écoute ça, "eh ben c'est justement mon piquet de grêve qu'il vous faut", eh, dégueulasse.
La Fleur : Du tac au tac ?
Clémentine : Recto, Recta.
La Fleur : Et alors ?
Clémentine : Ben alors j'ai rigolé parce que j'ai des joies simples finalement.
La Fleur : Ouaiiis, pis quand elles rigolent c'est gagné hein ? Ah ya des mecs futés hein. Qui c'était ?
Clémentine : Un pas d'ici. Y serait venu soit-disant pour affaires... à St Rupert...
La Fleur : Pas de prénom, rien ?
Clémentine : Enigmatique... y m'a quand même refilé de quoi m'acheter un tutu neuf alors j'l'ai invité pour la fête. Là.
La Fleur : Oh t'oublira pas de me l'montrer hein ?
Clémentine : Juré. C'est bête d'avoir le coup de foudre comme ça pof jusqu'au dernier... c'est romantique non ? Hein ? Hein ? Hein ?
La Fleur : Bah tu sais... on a qu'à l'appeler... tac au tac.
Clémentine : Ça va pas non... tac au tac. Le gréviste... piquet de grêve, gréviste.
La Fleur : Ben dis donc... qu'est-ce qu'elle fout la mère Dendron... on saura jamais le pas... t'as vu l'heure qu'il est ?
Clémentine : Ben elle doit se faire culbuter dans l'abatis de volaille là... c'est l'heure de l'abatis... t'savais pas ?
La Fleur : Oh ?
Clémentine : Ben oui après l'abatis y font l'abatis. Heh. On y va sans elle ?
La Fleur : Oh oui.
Clémentine : Allez. Tu nous joue un p'tit ralentis propre ? Allez Gégé.
La Fleur & Clémentine : Le soleil se lève... et puis il se couche... toujours pareil... plouf ! Et moi c'est pareil... plouf ! Donne-moi tes lèvres... donne-moi ta bouche... la nuit et le jour... c'est ça l'amour.
Clémentine : Alors, oui, bon, alors, de deux choses l'une, ou c'est merdeux comme pas, ou c'est merdeux comme chanson, ou c'est merdeux les deux.
La Fleur : Ou alors c'est nous qu'est merdeux.
Clémentine : ...doux, "c'est nous qu'est merdoux", oh. Quand c'est vulgaire, autant qu'ça rime un peu.
La Fleur : Oui mais t'es sure qu'on fait bien ce qu'est dessiné ?
Clémentine : Oho évidemment non mais si yen a une qui sait faire ce qu'est dessiné... tu m'as déjà vu faire ce qu'est dessiné ? Tiens... j'te fais ça... là... qu'est-ce que tu m'dis ?
La Fleur : J'me l'demande...
Clémentine : Bah regarde !
La Fleur : Bah non... blouk blouk.
Clémentine : La cruche cassée... de Greuze... alors ? Bon.
La Fleur : Ben voyons...
Clémentine : Y manque une cruche... mais euh...
La Fleur : Voilà... et encore... alors moi, j'te fais ça.
Clémentine : Oh ben ça euh... oh oui, ça c'est la fente de Velazquez, c'est facile j'le fait presque tous les soirs.
La Fleur : Autre chose... ça.
Clémentine : Finit là ? Euh... Diane de Poitier à tout hasard ?
La Fleur : Hasard malheureux.
Clémentine : La marseillaise ? La république ? La... truc en chantant là... la victoire ?
La Fleur : Nan... je t'aide.
Clémentine : Ah l'ange Gabriel.
La Fleur : Nan.
Clémentine : Nermoz.
La Fleur : Nan.
Clémentine : Sa femme.
La Fleur : Trouve déjà le peintre.
Clémentine : Euh Gauguin ?
La Fleur : Nan.
Clémentine : Renoir ?
La Fleur : Nan.
Clémentine : [...]
La Fleur : Nan.
Clémentine : Ben alors j'en sais pas d'autre. Blouk blouk.
La Fleur : C'est la Joconde.
Clémentine : Ouah l'aut' la Joconde, eh ça sautait aux yeux c'était pour te faire barder. Euh, c'était quoi le truc sur le front ?
La Fleur : Sa raie au milieu.
Clémentine : Ça m'a aidé. J't'en fais une petite dernière. Alors elle est toute nue, j'te fais pas. Brrr on se les gèle.
La Fleur : Oooh ça c'est la vénus de Milo.
Clémentine : Oh ben quel talent. Comment t'as fait ?
La Fleur : C'est les bras.
Clémentine : Ah ben tu vois... quand on aide sérieusement. C'que j'aimerais moi, la prochaine fête, c'est chanter.
La Fleur : Ah ben ouais... surtout que t'as déjà le costume.

Roger & Clémentine entrent
Roger : Arrêtez ça... non eh on a tout entendu, franchement, le genre d'âneries que peuvent débiter deux filles quand elles sont seules, c'est vraiment toute la misère humaine et morale... aha... eh après ça, elle vont gueuler que personne leur écrit des dialogues pour le ciné ou le théâtre ehehe... qui c'est que tu voudrais qui signe des âneries pareilles ah l'aut' eh...
Clémentine : Ohé, oui ben alors qu'est-ce qui faudrait dire quand on est toutes seules à deux ?
Roger : Oh ben je sais pas, un minimum de classe...
Clémentine : Oh la classe eh... je suis une mouette, euh, [Rome l'unique objet], euh, ai-je raison de me faire religieuse ?
Roger : Ya pas de honte.
Clémentine : T'as vu le costume ? Et de là ? T'as vu l'heure tiens ah... ha vous êtes pas en avance pour la répét'.
Roger : Ah oui, oui, attends, tu vas voir, qu'est-ce qu'on fait alors quand on est pas en avance ?
Clémentine : Baeuh d'abord on s'excuse...
Roger : Non ! On se dépêche ! Parce que moi demain j'me lève moi figures-toi.
Dorothée : Oh tu te lèves... moi j'vous préviens, si je suis pas au point j'le fait pas.
Roger : Oho l'aut' starlette qui déboule eh.
Dorothée : Quoi, quoi ?
Roger : Alors tu vas nous faire changer les moquettes alors hein... "si je suis pas au point", elle dit. Ma pauvre [...] au point que t'en es tu seras toujours au point toi hein...
Dorothée : Gnnn déjà que je trouve le mouvement complètement obscène... regarde ce qu'y faut que je fasse... non mais regarde... non alors franchement ça va pas.
Roger : Mais le... écouteuuh... le jour de la fête mon vieux, ce sera la fête hein ? hehe... et quand c'est la fête, rien n'interdit de mettre une culotte ?
Clémentine : Tiens... j't'avais dit.
Dorothée : Mais c'est quand même obscène, culotte ou pas enfin...
Clémentine : C'est léger, c'est léger.
Roger : Léger et salingre, au maximum.
Dorothée : Oh t'es têtu... obscène.
Roger : Non... eh de toute façon même si c'est obscène j'en suis pas responsable hein...
Dorothée : Quoi ?
Roger : C'est la nation toute entière qu'est responsable. Paf. On a les danses et les chefs qu'on mérite.
Clémentine : Ah c'est nouveau ça.
Roger : C'est un proverbe espagnol.
Clémentine : C'est flamenco.
Roger : Allez ! Trois ! Quatre ! Je regarde d'abord c'que ça donne.
La Fleur & Clémentine : Oooh voyeur !
Roger : Non eh oh j'ai pas dit je touche, j'ai dit je regarde.
Dorothée : Alors tu le fais pas ?
Clémentine : Bon alors musique.
Roger : Je met en scène.
La Fleur & Clémentine : Le soleil se lève...
Roger : Allez vas-y, tu vas être en retard.
La Fleur & Clémentine : Et puis il se couche...

Intermède
Mozart : Aha... il est con lui... alors là j'vais te dire un truc que tu sais p't'être pas, c'est que le duc de Wurtenberg était si dépensier que ses, s'tu veux, ses compositeurs étaient forcés de réduire leurs orchestrations, tellement y étaient pas sûrs de pouvoir payer leurs musiciens.
Ahmed : Mais ça n'explique pas que Weber se soit tiré 1786-1826.
Mozart : Ben pourquoi ?
Ahmed : Il aurait pu écrire des solos.
Mozart : "li".
Ahmed : Des soli.
Mozart : "leil".
Ahmed : Des soleils.
Mozart : "pinambour".
Ahmed : Des sopinambourgs.
Mozart : Haha, mais Weber, Weber il avait la bougeotte... on l'appelait "Weber la Bougeotte". La Fleur ! Moi c'est pareil, j'peux pas rester plus de six mois au même endroit. Et pis moi, t'sais...
La Fleur : Qui m'appelle ?
Mozart : Qui c'est qui bouffe le plus lentement ici ?
La Fleur : Ho ben alors là... ça c'est toi.
Mozart : Alors pourquoi tu m'sers toujours le dernier ?
La Fleur : Oh eh... tu vois pas que c'est le coup de feu ?
Mozart : Non.
La Fleur : Eh ben c'est le coup de feu.
Mozart : Ah bon.
Ahmed : Eh, sinon, il aurait jamais pu rencontrer Beethov'n, en plus !
La Fleur : [...]
Mozart : Ouais, mais ya pas que Beethov' dans la vie, eh écoute, moi j'm'en passe moi de Beethov'.
Ahmed : Evidemment, évidemment toi tu ramènes toujours tout à toi.
Mozart : Finalement ouais. Ouais mais, quand tu comptes sur les autres, t'es jamais servi que par toi-même, ou alors c'est froid, alors...
La Fleur : Ça alors ouais, quand c'est baveux, c'est froid.
Ahmed : Ouais, c'est comme les crapauds.
Mozart : Ouais, et les épileptiques. Quand c'est baveux c'est froid.
Ahmed : Ah ouais ouais, aussi.
Mozart : Tu prends deux spaghettis toi ?
Ahmed : Aheh t'es marrant eh y faut qu'j'bouffe sinon j'fond...
Mozart : Oh, j'entends bien.
Ahmed : Bon, euh, la Fleur, et nos bières ?
La Fleur : Ah merde, tu veux pas mes bras j'ai pas quatre femmes.
Ahmed : Comment ça ?
Mozart : De quoi ?
La Fleur : Ma femme... j'ai pas quatre bras... deux demis ! deux ambres !
Mozart : C'est qu'y poussent pas à la consommation ici.

Roger entre
Roger : Bon hein arrêtez vos salades hein, j'ai tout entendu, hein. Le genre d'âneries que peuvent débiter deux mecs quand y sont seuls, c'est vraiment toute la misère humaine et morale.
Mozart : Salut Roger.
Roger : Regarde-moi c'travail. Bon appétit. On dira jamais assez que les gens jettent n'importe quoi... tu permets avant qu'ça soit froid ?
Ahmed : Mais j't'en prie.
Mozart : Mais qu'est-ce que c'est que ça... on peut pas lire c'est tout dégoutant.
Roger : C'est les dérivations extra-essentielles du graphique de Boscop, titine.
Mozart : Pfff, aucun intérêt...
Roger : Eh tu rigoles ? C'est la version par Michovitz !
Ahmed : Aaah merde merde merde merde, quel pied ! Fantastique !
Roger : Aha ! La Fleur : ...et les demis d'ces demoiselles !
Roger : Ouah le cul qu'elle se paye celle-là !
La Fleur : Ouaaah ! C'est malin !
Mozart : Merde les nouilles !
Roger : Quoi c'est malin, mais tu rends vraiment bien service eh, elle est chié elle... 'garde-moi... 'garde mon bouquin, 'garde déjà que j'l'ai trouvé y nageait dans l'yaourth.
Ahmed : Eh... eh... nature, j'espère ? Roger : Ouais, nature, les trucs chimiques je supporte pas.
Mozart : Ouais remarque moi j'comprends le mec qu'a bazardé ça... haha... ha... ça c'est le genre de théories, tu la lis une fois, t'as compris, tu peux jeter.
Roger : Tu dis bien n'importe quoi, il l'a pas lu... 'garde c'est pas coupé.
Ahmed : Ben ça devait être la poubelle de Mme Michovitz alors.
Roger : Bah elle aurait pu l'offir. Ya quand même des malheureux à qui ça ferait plaisir.
Ahmed : Ouais, ou en tout cas quelqu'un qui suit un régime.
Mozart : Ben qu'est-ce qui t'arrives Ahmed ?
Ahmed : Non... je disais... pour bouffer du yaourth nature... faut suivre un régime...
Roger : ...
Mozart : ... ouais remarque euh... il a le droit de dire ça hein.
Roger : Aaah, ah ben oui ça si il est vraiment sincère eheh.
Mozart : Mais cette théorie pourrie... factoriser le... tout le monde s'en fout, Roger, tout le monde s'en fout.
Roger : Mais c'est ça mon vieux l'humour... c'est l'humour matheux ehehe... c'est du Michovitz...
Mozart : Ha !
Roger : Michovitz... lui et Powell, tu sais ce qui font aux maths ? Ils [méniligrégorisent] les maths... haha... Ohlala mais t'étais là ? C'que j'ai pu rigoler... t'rappelles pas son histoire de dérivation à la con là... heh... alors il avait mis comme quoi si u(z) serait négatif, t'rappelles ? On aurait mc² égal PI(e) racine cubique de phi.
Les trois : Haaahaha !!
Ahmed : N'importe quoi !
Mozart : Ça serait trop facile, à ce moment moi aussi alors...
Roger : Alors, pour avoir phi, t'aurait plus qu'à élever tout le paquet au cube... dans les trois dimensions t'aurais l'fauteuil, tu vois c'que j'veux dire...
Ahmed : Ouais... eh... eh pourquoi pas l'président d'la république eh.
Mozart : Mais il chiant lui... t'sais qu't'es chiant Ahmed ?
Roger : Ahmed c'est vraiment... c'est... c'est toute la misère humaine et morale...
Ahmed : Quoi ?
Roger : Gnéé quoiiii ? Tu t'intéresses à rien toi... t'es pas un passionné toi...
Ahmed : J'ai pas une nouille.
Roger : Eh ben... on peut pas être et avoir... ahaha...
Mozart : De quoi ?
Roger : Nan parce qu'y m'dis "j'ai pas une nouille"... ehe...
Mozart : Ouais ? Alors ?
Roger : Alors moi j'lui dit... j'lui fait "on peut pas être et avoir"... avoir eu de nouilles... y m'dis j'ai pas eu de nouilles... tu peux...
Mozart : Ouais ?
Roger : Tu sais qu'tu finiras étudiant toi à la vitesse où tu vas...
Mozart : Non mais... j'ai pas compr...
Roger : Des nouilles ! Y me dis "j'ai pas eu de nouilles", alors j'y f... mais j't'explique pas plus parce qu'y va comprendre t'à l'heure... vous êtes chiants, on peut pas discuter avec vous.
Mozart : ...aaah ouais ouais ouais...
Roger : Ehehe... regarde c'qu'est marqué...
Mozart : Ah ! Les trois dimensions. T'sais que... y arriver comme ça c'est... c'est quand même séduisant.
Roger : Séduisant, l'aut' eh... eh les maths c'est quand c'est séduisant que c'est louche hein...
Mozart : ...moui oh...
Roger : ...eh, les mathématiques modernes, surtout dans les applications à la matière, bon c'est rigolo si tu veux ça fait un passe-temps... mais c'est le contraire de la séduction.
Mozart : Oho... oh non...
Roger : Si ! Mais si, tu prends... tiens tu prends Hiroshima...
Mozart : ...oui...
Ahmed : ...surtout dans les gencives...
Roger : ...ben ouais, surtout dans les gencives, justement paf ! Voilà hein t'as encore cru dire une connerie, t'y es même pas arrivé.
Ahmed : Ouais ! Bon eh ben alors et ton Mikovski...
Mozart : Vitz !
Roger & Mozart : Micho-vitz !
Ahmed : Ouais... à vos souhaits, eh alors, il aurait pondu tout ça pour être jeté dans l'yaourth ?
Mozart : Mais... mais ya des mecs qu'adorent écrire ! Tiens moi j'adore écrire... tu me files un papier un crayon et tu vas...
Roger : T'façon eh je suis formel, on ne jette pas un bouquin entier, que en plus il manque pas une seule page dedans, on le jette pas dans le yaourth ou dans soit ce que ta soye... d'aut'. Soit ce que toye ça soye... d'aut'...
Mozart : ...d'ailleurs.
Roger : D'aut' d'ailleurs s'tu veux ouais...
La Fleur : Eh ya plus de spaghettis avec vos conneries... un p'tit boeuf-carottes ?
Ahmed : Oooh... bon alors écoutes hein, n'importe quoi, mais pas petit, et puis grouilles-toi.
Mozart : Ouais... y va fondre.
Ahmed : Voilà.
Roger : Eh la Fleur, on boit de bon coups mais y sont rares hein...
Mozart : Hihi... t'as soif ?
Roger : Ouais.
Mozart : Ben t'as qu'à sucer mes spaghettis pression. La Fleur, tu pourrais débarasser tes cochonneries hein...
La Fleur : Oh eh ! J'ai pas quatre bras !
Mozart : Pourquoi elle dit toujours ça ?
Ahmed : Mais parce que c'est vrai ! Oh... dis-donc...
Roger : "parce que c'est vrai", l'aut'... toi vraiment t'as... t'as une mentalité militante basse toi... c'est vrai... eh ya d'aut' machins qui sont vrais, et elle les dit pas non ? C'est vrai... c'est le complexe à la Fleur, elle se décrit toujours par élimination, tu vois ? Elle te dis ce qu'elle a pas, tu soustrais, tu sais ce qu'elle a.
Mozart : Ahaha... c'est qu'y a du boulot hein...
Roger : Oui elle est pas sortie de l'auberge... ce qu'elle a pas ça fait un drôle de tas... aha !
La Fleur : Ohé ! Et ta connerie ça fait une grosse bosse ?
Roger : ... nan, j'disait c'est c'que t'as pas qui fait un tas, pas ce que t'as... ehe ça fait pas un tas... naaan mais, la Fleur, je savais pas que t'entendais... oh les mecs, grande nouvelle pour vous. Vous allez avoir un nouveau collègue. Ouais. Je lâche mon jeune fils dans l'boulot.
Mozart : Un débile mental ? Mais ça va pas ma tête !?... ça... ça... ça... aie ! Aie! Ouaouh !
Roger : Les débiles mentals ça va bien ! Hein ? Bon, déjà, bon c'est un débile, déjà rien ne prouve que ce soit mental... non moi j'appelle ça débile social au maximum... et pis regarde, pour enlever les poubelles, ya pas besoin d'être Einstein.
Mozart : Ouais ben ça non, ya jamais eu besoin d'être Einstein pour faire quoi que ce soit Roger...
Ahmed : Ouais... même pas pour faire ce qu'il a fait.
Roger : Euhaaa...
Mozart : Ouais, non, ouais, non, non la question c'est que le marché est bouffé par les nègres et les bikos. Et euh tu trouveras jamais de place pour ton miard dans le coin, jamais.
Roger : Mais il est blanc !
Mozart : Mais justement !
Ahmed : Mais ouais, il a entièrement raison. Il a entièrement raison parce que déjà pour les arabes c'est dur. Bon, regarde moi. Ça a marché de justesse, mais avec un piston... comme ça !
Mozart : Oui mais... attention ! Attention !
Roger : L'exemple est pas bon là.
Mozart : Toi t'es qu'à moitié arabe.
Ahmed : Oui, mais ça ne se voit pas.
Roger : Oh, pfff, ça se sent vachemement... arrête ! T'es con ou quoi, eh ? Non, alors bon, alors eh, ou t'as la chaise ou t'as le couteau pas les deux hein. Eh, Ahmed, c'est toi même que t'as dit que ça se voyait pas que t'était que à moitié arabe. Moi je dis ça se sent, mais ça se sent que t'es qu'à moitié !
Ahmed : Aaah bon. Ouah.
Roger : Eh Ahmed, tu parles que, si j'avais pensé que ça se sentait que t'étais arabe, je l'aurais pas dit non ? Ou alors euh, ou alors une odeur extraordinaire... tous les parfums d'arabie...
Mozart : Ouais... de toute façon, c'est pas insultant...
Roger : Ohoho non, ça...
Ahmed : Euh, comment ça ?
Mozart : Non j'veux dire euh, c'est pas injurieux.
Roger : Ben non c'en est pas un, c'est ce qu'on dit. De t'façons, eh, j'y avais pensé à vos objections sur l'emploi, là, niveau express... tu parles que moi je reste pas à la voirie hein, mon vieux, place aux jeunes, ouaha.... quoi ?
Mozart : Ben euh pfff...
Roger : Eh je vais pas me casser à attendre la retraite, je serais trop perclu pour en profiter alors hein... la Fleur ! On a faim, mais on t'entends pas quand on discute...
La Fleur : Ohé ! J'ai pas quatre bras !
Roger : S'améliore pas celle-là.
Mozart : Non.
Roger : Alors le petit y va m'remplacer, ni vu ni connu hein, sa soeur va l'amener bon, vous verrez, au début... mais on s'habitue, hein ?
Mozart : Moi remarque du moment qu'on termine pas trop tard le soir euh...
Ahmed : Ah oui c'est ça oui, à cause de sa télé vous comprenez ? Hein...
Roger : ...la télé, niveau [...]
Ahmed : Chapi-chapo, hein ?
Mozart : Oui ya pas que chapi-chapo qui m'intéresse à la télé, j'm'excuse euh...

Clémentine et Pissenlit arrivent
Clémentine : Ooooh mais avance connard, je veux pas te trainer, oh mais quelle plaie ce môme, pourquoi on l'a pas écrasé au berceau ?
Roger : Mais t'es maline on pouvait pas se douter il était tout mignon...
Pissenlit : eh dis eh je suis toujou' mignon eh...
Roger : Ehehe... cynique en plus... bon, alors je vous présente ma fille, hein, un peu mondaine... mais très tolérante, et... et mon... enfin son frère quoi, qui marche avec. Lui c'est Ahmed.
Clémentine : Bon ben Ahmed on se connait hein... monsieur blénod... heh...
Ahmed : ...bon. Alors je vais aller chercher ma bière parce que merde hein.

Ahmed sort
Roger : Mais... non mais... blénod c'est pas un truc de race c'est une maladie d'étudiant... eh, vous avez pas le monopole. Lui c'est Mozart...
Clémentine : ...ah ben moi c'est la flûte... enchantée. Hihi Mozart... ça va pas non le mec...
Roger : Non mais... non c'est un surnom.
Mozart : ...oui...
Clémentine : Ah ben [...]
Roger : On l'appelle comme ça parce qu'il a trouvé un Stradivarius dans une poubelle hehe...
Mozart : Oh... en miettes euh...
Clémentine : ...alors vous avez revendu l'étiquette ?
Mozart : Ça vous intéresse ? Attendez pardon deux secondes... gni ! Eh bien... figurez-vous que j'ai réparé le Stradi...
Clémentine : ...oh ben ça m'intéresse pas du tout alors...
Mozart : ...mais je comprends ça...
Clémentine : ...vraiment pas...
Mozart : ...et j'ai attendu de trouver un archet...
Clémentine : ...non mais non vraiment pas...
Mozart : ...pardon, et j'ai appris à jouer par moi-même...
Pissenlit : Oh ! C'est beau par moi-même ! Joue par moi-même ! Joue ça ! Allez ! Joue par moi-même ! Allez ! Hm !
Roger : ...il est pas méchant... ah tu rigoles, eh n'empêche qu'il se débrouille drôlement bien pour un mec... qu'en joue... quand même... depuis vachement longtemps non quand même ?
Mozart : ah ouais...
Roger : Tiens, joue-nous le machin en ré mineur qu'est pas chiant là de Bach... j'aime bien...
La Fleur : Oh non merde ! J'ai des payants moi ici ! On vous entends au fond...
Roger : Ah c'est vrai...
Clémentine : Eh... pas revendre un Stradivarius pour en jouer comme un manche, faut être cul non ? Faut pas être cul ?
Roger : Hehe... elle est crue hein ?
Mozart : Un peu vulgaire...
Clémentine : Ah je vois que monsieur est un connaisseur, je vais lui montrer mon cul.
Roger : Non... 'mentine non, 'mentine arrête, j'te présenterai plus du monde moi...
Clémentine : Ooh ben c'est lui qu'a demandé...
Roger : Non non non... quand c'est le boulot c'est le boulot, maintenant on est à table, [...]
Clémentine : Ben justement alors...
Roger : Non, tu permets que c'est gratuit que pour les éboueux ici ?
Pissenlit : Gratuit boueux manger !
Roger : Naaaan ! Tu mangeras quand tu seras boueux toi.
Pissenlit : Pissenlit bientôt boueux manger dans ton assiette ehe...
Roger : Non ! Pissenlit non ! Pissenlit nous foutre la paix Pissenlit, Pissenlit s'assoir là Pissenlit. Tiens, Pissenlit y bouquine... haha... 'aura la paix comme ça... pas vrai, faut la garder sa bouffe...
Pissenlit : Dieu du ciel ! Le traité de Michovitz sur le graphique de Boscop ! Oh, quelle aubaine inespérée... mmm...
Mozart : Il euh... y s'intéresse aux mathématiques ?
Roger : Ouais... ouais ouais... c'est un don familial.
Clémentine : Voilà, c'est un don familial, t'avais pas remarqué Duconnot ? Qu'est-ce qu'il ya ? Ça t'embête que je t'appelle Duconnot ?
Mozart : Ben ouais.
Clémentine : Bon alors Ducul. T'avais pas remarqué Ducul ? C'est mieux Ducul.
Roger : Hehehe... elle est marrante hein ?
Mozart : Vachement rigolote ouais.
Roger : Non c'qu'elle veut dire c'est que comme on avait pas assez d'argent pour les laisser à l'école alors je leur ai appris c'que j'savais quoi.
Clémentine : Mais justement, j'me disait, c'est bien joli son facteur u(z) à Michovitz, ooh que c'est joli...
Mozart : ...aah c'est très joli...
Clémentine : ...mais c'est joli, mais... comme postulat c'est fragile... hein que c'est fragile ? Mozart : C'est très fragile.
Clémentine : Moi j'aimerai mieux une démonstration plus bandante.
Roger : Le terme est pas très matheux...
Clémentine : Plus rigide ?
Roger : Bof...
Clémentine : Mieux ?
Roger : Aah mieux !
Clémentine : Voilà j'aimerai mieux une démonstration mieux.
Roger : Ouais.
Pissenlit : Pas sorcier ehehe...
Mozart : Comment ça ?
Roger : Où y va lui ?
Pissenlit : Vous bloquez sur u(z) alors qu'il suffit d'interpréter la constante h... voyons.
Roger : Eh ! Ehe ! Eh y va interpréter une constante lui eh... dans l'état où il est eh... ehe...
Clémentine : Eh ben ? Eh ben oui. Eh ben ce serait la constante de Pissenlit, ya bien un graphique de Boscop déjà.
Roger : Ya bien un l'aut eh... Alors ya bien le crottin de Chavignol quoi...
Clémentine : [...]
Roger : Mais lui y voit, y voit les maths c'est au niveau fromage et dessert.

Ahmed reviens
Ahmed : Roger ! Ta femme vient de crever.
Mozart : Ahmed... gentiment.
Ahmed : Bon, eh, décédée. Alors c'est le car de la José qui l'a écrasée. Tu sais ? Dédé le chauffeur, hein, eh ben il était complètement beurré.
Mozart : Oh ben jamais tu me verras conduire beurré moi, jamais.
Ahmed : Oh mais quand t'es chauffeur de car t'as pas le choix.
Roger : Bon...
Mozart : Mais tu te démerdes avec les horaires...
Clémentine : Ah c'est facile de parler d'horaires quand t'as un aller matin, retour le soir avec ta benne.
Roger : Bon je... bon...
Mozart : Ouais mais attendez j'ai quand même trois arabes et deux portugais, quand je donne des...
Roger : Bon je... je peux causer ouais ?! Mais je peux peut-être ouvrir ma gueule merde ?! Ah c'est quand même... c'est... ça... ya des gens y vous... on vit dans un milieu qui... merde alors eh ! Eh... ya l'aut' enflure qui m'annonce la fin tragique de mon épouse personnelle que j'ai même pas entamé mon boeuf-carottes, et mon vieux on me laisse même pas un trou pour glisser une remarque euh, bon je sais pas moi de tristesse, un minimum de chagrin quoi, voire d'une nostalgie bien légitime devant la fatalité qui me poursuit à pas feutrés.
Mozart : Olé...
Roger : Quoi "olé" ? olé... on lui dit feutré y fait olé. Oui, ouais je sais que tu pense que c'était pas franchement une affaire ma bonne-femme ça d'accord. Elle m'a refilé deux enfants tarés là...
Clémentine : ...eh dit moi ça va moi ça va bien moi...
Roger : Deuuux j'te dis, hein. Alors que je bois jamais... et que de la bonne qualité. Avec ça bon, elle était feignasse comme une couleuvre, aucun gout pour s'habiller, un caractère de cochon, bon d'accord ça c'est sûr.
Pissenlit : Ça c'est sûr, ça c'est sûr, ça c'est sûr et ça c'est sûr et ça c'est sûr...
Roger : Ouais ! Seulement elle m'a quand même supporté vingt-deux ans, hein. Et ça personne d'autre aurait voulu. Ha. Vingt-deux ans qu'elle a tenu le coup. A la force des poignets. La veuve qu'on l'appelait. Moi j'l'appelait "Do".
Mozart : Pourquoi ça ?
Roger : "Do" parce que... Roger, alors "Ro", "Do" Dendron.
Mozart : Aha c't'amusant...
Roger : Non, ben non. Ça faisait rigoler personne à l'époque tu parles, on s'aimait trop mon vieux. Han. C'était que pour s'aimer on s'est aimé mon vieux. Hanhan. Quelle ydille ma salope. Tiens on s'est aimé jusqu'à Clémentine. Après, alors après j'l'ai vu se ratatiner progressivement quoi. J'ai vu ses boucles blondes devenir des baguettes de tambour, des espèces de strapontins sur les côtés. J'ai vu ses paupières se faner, son cou se rider, hein. Ses mains se couvrir d'angelures et de taches de rousseur.
Ahmed : Oooh arrête on bouffe, merde.
Roger : Ouais ben, j'ai vu tout ça moi. Ha. En vingt-deux ans d'amour, devenu tendresse, puis habitude quoi. Vingt-deux ans. Faut être attentif pour voir vieillir sa compagne. C'est pas tout le monde qui a quelqu'un pour faire attention à lui pendant vingt-deux ans. Que si ça se trouve, pendant ce temps là, elle me regardait aussi, elle, viellir, moi pendant vingt-deux ans. Alors maintenant que je suis tout seul hein, qui est-ce qui va m'aimer asser pour me dire euh "aah ben Roger, t'as encore pris un kilo"... les trucs qu'on dit quoi, on est des gens simples... euh "Roger, t'as un cheveux gris sur ta tempe", "Roger..."
Clémentine : Oooh eh c'est pas bientôt fini ce numéro merdeux à la Rému ouais ? Eh moi c'était ma mère et j'en chie pas une pendule, merde hein.
Mozart : Mais... mais quelle vulgarité.
Roger : Hein ? Toi, lui-même y s'en rends compte hein.
Pissenlit : Eh dit eh, elle est cassée ma maman, hein ?
Ahmed : Ah ben tu parles eh, elle a traversé la vitrine du crémier.
Mozart : Du crémier ?
Ahmed : Ouais...
Mozart : Ah ben décidément... c'est la journée du yaourth...

intermède
Clémentine : Alors euh, on a enterré maman dans la plus stricte intimité parce qu'on avait rien à se mettre. Le soir quand j'ai retrouvé mon gréviste, j'étais pas très en forme. A tout hasard je lui ait raconté que Pissenlit avait résolu les dérivations extra-essentielles du graphique de Boscop, ça lui en a bouché un coin. Y m'a dit qu'on devrait monter à Paris pour en parler, chose qui me plairait bien du fait que comme ça je pourrais aller à la Samaritaine.

début du spectacle
Mozart : Eh bien , bonsoir chères Saintirupertoises, bonsoir chers Saintirupertois. Vous le savez, quand on dit que notre petit village abrite des gens pas fiers, ce n'est pas une image, car enfin, ce ne sont pas les raisons d'être fiers qui nous manquent. Je ne parlerais aujourd'hui que de notre service de nettoyage, où une poignée d'autodidactes se contentent d'un salaire misérable alors que le monde entier ferait à chacun d'eux un pont d'or pour exercer sa spécialité. Tout récemment encore on a découvert chez Roger Dendron, dont...
Roger : Ah euh... Mozart... c'est "Dein" hein. Oui ça s'écrit "Den" mais on prononce "Dein" hein. Pas grave, mais faut le faire pour bien...
Pissenlit : Deindron !
Mozart : ...'eind'on, dont vous avez tous connus la charmante fillette, devenue à c't'heure une véritable jeune fille, ce qui représente quand même dans son cas un véritable exploit au sens anatomique du terme il faut bien le dire...
Clémentine : Ohé bon on enchaine là Ducul hein attention hein.
Mozart : On a découvert donc le jeune Rodolphe Dendron, dit...
Roger : Dein... On s'est pas bien compris je crois... "Dein" hein, ça se prononce "Dein"... "dron".
Mozart : 'eindron... euh dit Pisseinlit...
Pissenlit : Ah nan c'est "Pissenlit", "Pissenlit" hein ? 'tention.
Mozart : Pissenlit, qu'on croyait jusqu'à présent parfaitement débile, ne l'était en fait qu'à moitié. Si si. Il vient de résoudre un problème de mathématiques sur lequel s'échinent des milliers de chercheurs depuis plus d'une décade, et sur lequel s'échineront encore du reste car notre jeune prodige n'a nullement l'intention de divulger sa trouvaille avant blouk blouk. Alors comme ça c'est fait. Mais, revenons-en à ce qui nous occupe, et même nous préoccupe, en ce modeste jour de fête patronale, l'ordinateur Dendron. Un ordi...
Roger : Oh mais c'est pas vrai ce mec... "EIN"... "Dein"... mince c'est pas dur à retenir, t'as qu'à retenir "le fascisme ne passera pas, mais les ordinateurs Deindron".
Mozart : Un ordinateur construit par, euh, par Roger lui-même, grâce à ses connaissances, et à des matériaux récupérés pendant l'exercice de ses fonctions. Un ordinateur programmé sur la [sagesse des nations]. Et là je m'explique. La machine, bourrée d'idées reçues, de lieux communs, et de poncifs commerciaux, ne peut rien inventer. Non non. Elle se contente, comment dire, elle se contente d'avaler, de digérer, et de... et de... recracher dans un ordre différent les éléments divers qui sont sensés plaire au plus grand nombre. Et bien, voici sa première composition, une chanson intitulée... le va et viens. Oui, ne vous étonnez pas si il vous semble déjà la connaitre, c'est le principe même de l'expérience. Et maintenant place à Roger Deindron, le facteur cheval de l'électronique.
Roger : Aujourd'hui ton avocat est venu pour me parler. Tu voudrais garder Thomas, je crois que ça peut aller. Je te laisse également le chat, le chien, les pigeons, l'édredon de ta maman et les cactus du balcon. Je t'aime et je l'avoue mais depuis l'été dernier, tant pis si tu me bafoue, une autre est à mes côtés. Le soleil se lève et puis il se couche toujours pareil, et moi c'est pareil. Donne-moi tes lèvres, donne-moi ta bouche, la nuit et le jour c'est ça l'amour. Le soleil se lève et puis il se couche toujours pareil, et moi c'est pareil. Donne-moi tes lèvres, donne-moi ta bouche, la nuit et le jour c'est ça l'amour. Petit homme, ah mon garçon, tu vas t'en aller d'ici. Je te demande pardon, ton papa a des soucis. La dame qui vient d'entrer aura bientôt un enfant que tu as le droit d'aimer d'un fraternel sentiment. Ah le monde serait beau si l'on pouvait oublier tous les ennuis tous les maux, et si l'on pouvait chanter. Le soleil se lève et puis il se couche toujours pareil, et moi c'est pareil. Donne-moi tes lèvres, donne-moi ta bouche, la nuit et le jour c'est ça l'amour. Le soleil se lève et puis il se couche toujours pareil, et moi c'est pareil. Donne-moi tes lèvres, donne-moi ta bouche, la nuit et le jour c'est ça l'amour. La nuit et le jour c'est ça l'amour.
Mozart : Eh bien merci beaucoup merci, merci beaucoup merci, merci. C'était Roger et ses Rogères. Cher public je pense que vous n'aurez pas trop d'un entracte pour méditer sur la portée du texte pondu par notre ordinateur. Dans une dizaine de minutes, vous pourrez applaudir notre ami Arhmed... notre ami Ahmed... dans son grand numéro de magie scatologique à la portée de tous. A bientôt.

dans les coulisses
Clémentine : Y comprends tout.
La Fleur : Alors ?
Clémentine : Alors tu vois le gros ?
La Fleur : Non attends je vois rien.
Clémentine : Oui, hein, eh ben c'est pas lui le gros, c'est derrière. Tu vois la moche ? La moche, ben la cravate, c'est lui la cravate.
La Fleur : Olaah ben il est pas tout jeune dis-donc.
Clémentine : Oh l'aut'... ben c'est un grand enfant euh.
La Fleur : Aaah... on dirait plutôt un vieux cochon.
Clémentine : Non, ah non.
La Fleur : Non ?
Clémentine : Ah non pas du tout alors de ce côté là y serait même carrément naïf.
La Fleur : Oh alors là c't'étonnant...
Clémentine : Ah si si... nan nan le genre naïf tu vois, qui s'endort...

Roger rentre
Roger : Les enfants massez-moi le coeur.
Clémentine : Hein ?
Roger : Massez-moi le coeur.
Clémentine : Quoi ?
Roger : Devinez... devinez qui est dans la salle...
Clémentine : Euh mon gréviste tiens...
Roger : Non...
La Fleur : Les Beatles !
Roger : Non...
Mozart : Le roi [...]
Roger : Nan arrête... on cherche sérieusement... devinez qui est là ! A St Rup'.
Clémentine : Ben on viens de t'en dire là.
Roger : Michovitz !
Clémentine : Michovitz et sa grosse...
Roger : Lui-même... soit... la grosse tête... à St...
Clémentine : ...Rupert !
Roger : Oh putain les enfants massez-moi le coeur.
Mozart : Non mais ça va pas on va pas lui masser le coeur...
Clémentine : Tu vas lui masser le coeur oui ?
Mozart : ...ya trop de boulot. Comment tu sais que c'est lui ?
Roger : Sa cravate eh l'aut'. Z'avez pas vu sa cravate ? Je me suis dit mon vieux avec une cravate pareille... ça ne peut... ça ne... et puis j'ai reconnu le mec au-dessus de la cravate... y dépassait... j'ai reconnu d'après photo.
Clémentine : D'après photo...
Roger : Putain...
Clémentine : Oh massez-moi le coeur...
Mozart : J'arrive !
Clémentine : Oh non pas toi Ducul, vieux vicieux... oh lala.

Ahmed rentre
Ahmed : Où il est Pissenlit ? Il est dans le coin ? Où il est ? Où il est ? Où il est ?
Clémentine : Ah tiens.
Roger : Ahmed, Ahmed devine qui est dans la salle...
Ahmed : Eh ben oui, eh ben oui justement, y veut voir Pissenlit, y veut l'interroger Roger.
(bordel)
Clémentine : Il est là, il est là !
La Fleur : Il est là !
Pissenlit : Nan ! Nan ! Je veux pas, je veux pas et je veux pas !
Roger : Allez viens...
Pissenlit : Je n'veux pas ! Nan ! Nan !
Mozart : Yaaah !
Pissenlit : Aaah !
Roger : Ah ben tiens...
Mozart : C'est que... il est quand même très très atteint hein.
Clémentine : Oheu ça prouve rien du tout... tiens... Tchaaah ! Voilà. Bon toi tu va aller causer avec le savant [...] j'te préviens.
Pissenlit : Nan ! Je veux pas pa'ler ! Aaah ! Massez-moi le coeur !
Roger : Je vais te masser autre chose moi tu vas voir...
Pissenlit : Ne veut pas 'touner à n'étol... attends...
Clémentine : Aaah... ah...
Roger : Qu'est-ce qu'y dit là ?
Clémentine : Y dit qu'y veut pas retourner à l'école.
Roger : Oh... eh... non mais... Il est pas question de ça... l'école, ça t'a assez bousillé comme ça... c'est pas... t'as même plus de cartable... alors. Il est question d'en foutre plein la vue à ce vieux débile de savant récupéré à la moi-le mord noeud.
Clémentine : Eh dit oh attention toi, si ça se trouve il est vachement sympa alors, t'en sais même rien.
Roger : J'ai pas dit le contraire...
Pissenlit : Nan il est pas sympa c'mec là j'irai pas discuter ave' lui... chuis sur y pue d'la gueule voilà...
Clémentine : Toi... toi... mais ça n'a rien à voir qu'y pue d'la gueule...
Pissenlit : Nan ! Il envoie des postillons et tout...
Clémentine : Toi aussi t'en envoie des postillons...
Roger : Ça ne... ça... ça ne sert à rien de discuter avec lui bordel !
Clémentine : Mais c'est lui...
Pissenlit : Voilà. Voilà.
Roger : Bon allez, Ahmed, emmène-le de force.
Clémentine : Voilà.
Pissenlit : Voilà.
Roger : Oooh c'est pas vrai.
Pissenlit : Voilà. Voilà. Voilà. *Gnap*
Ahmed : Aaah ! Aie ! Aie ! Mais... y mord !
Roger : Ahmed, on te dit d'y aller en douceur... alors quoi...
Clémentine : Alors...
Pissenlit : Fsss !
Roger : Il est petit quand même non ? Pissenlit... mon fils, mon raton mignon, hein ? Mais regardez-le pas il est assez traumatisé comme ça non ? Tournez-vous là. En souvenir de ta manman, fais plaisir à ton papa, hein ? Va le voir, fais-lui faire ta démonstration hein ? ehehe... on est pas des gens fiers mais quand même, on a sa fierté, merde !
Tous : Merde !
Roger : On veut, on... quoi ?
Pissenlit : Bon... bon... ben vous l'aurez voulu. Vous viendrez pas pleurer aussi hein ?
Roger : Non l'aut' eh... puisqu'on dit que ça nous fait plaisir alors hein...
Clémentine : Allez, arrangez moi tout ça...
Pissenlit : Messieurs, vous vous souviendrez de cette scène toute votre vie.
Roger : Ouaeha... tu vas lui en boucher un coin ça c'est sûr...
Pissenlit : Ça c'est sûr et ça c'est sûr ! Et ça c'est sûr et ça c'est sûr...
Clémentine : Oooh voilà, alors voilà... t'as gagné. [...]Roger...

intermède
Conteuse : La scène est à Paris, comme chacun le sait... hihihihihihi...

Roger : C'est parti mon kiki... ouais, ouais, ouais, ouais... one, one-two, two, two, two... ouais, ouais c'est bon, ok, three, four... four, five... ouais ! Ouais ça vient... envoyez les couleurs... c'est bon ! C'est bon ! C'est bon, c'est... [...] bien... bien... ouais, c'est bien... bon, bravo, ouais...
Clémentine : Dis-donc... t'aurais mieux fait de rester à St Rupert...
Roger : Tiens... au lieux d'ergoter, passe-moi ta fistouille là...
Clémentine : Quelle couleur ?
Roger : 'm'est égal parce que j'ai plus de chatterton...
Clémentine : Oh... un peu de gout... ça ne nuit pas.
Roger : 'tain j'espère qu'il va pas mettre quinze jours ce coup-là hein.
Clémentine : Qu'est-ce qui va nous sortir encore ?
Roger : Y va nous sortir s'tu veux le portrait idéal du mec qui faudrait que je soye pour que nos chansons elles marchent sur le... public quoi.
Clémentine : Oh l'aut'... tu veux faire dans le show-buisness ?... aeh faire dans le show-buisness ? Ouuuh eh...
Roger : Je veux faire dans... je euh... je... tu euh... occupes-toi de tes fesses toi hein ?
Clémentine : Ben tiens j'y cours...
Roger : Pas dur à comprendre ça de s'occuper de ses fesses !
Clémentine : Ben je m'en occupe je cours...

Mozart entre
Mozart : Salut.
Clémentine : Oh ! Oh !
Roger : Ohoho ça c'est rigolo... dis-donc on parlait de toi ya pas deux secondes... elle avait la main sur la poignée...
Mozart : Ah bon ? A quel propos ?
Clémentine : Oh tout de suite le vieux vicieux "à quel propos ?".
Roger : Elle disait de s'occuper de ses affaires tu sais...
Mozart : Ah bon ? Eh ben me voilà !
Roger : 'gade-le... 'gade-le... hehe... hoho...
Clémentine : Oooh la laaa... oooh... où il est Milou ? Milou...
Roger : Comment ça ? Alors...
Mozart : Eh ben me voilà !
Roger : Alors t'as laissé les autres... y sont contents ?
Mozart : Ah y vont très bien... y vous embrassent...
Roger : Ah... t'as laissé Ahmed sur place ?
Mozart : Ah ben c'est lui qu'a voulu rester ouais... on disait qu'il était pas passionné Ahmed...
Roger : C'est vrai...
Mozart : Ben si !
Roger : Ah ouais ?
Mozart : Il adore son boulot c'mec là.
Roger : Ehehe... éboueur y faut l'faire t'sais...
Mozart : Faut aimer la merde...
Roger : Ah ouais c't'un mystique ouais...
Mozart : Et vous ? Et vous ?
Roger : Oh beeen... qu'est-ce tu veux ya rien de nouveau hein... on a pas revu le p'tit depuis onze ans hein...
Clémentine : Oh... n'exagère pas euh tout le temps non plus...
Roger : Onze... jours j'veux dire... alors comme prévu, au laboratoire y se sont mis à douze grosses têtes pour essayer de neutraliser...
Mozart & Roger : ...les effets secondaires sur phi... aaahaha...
Roger : Y veulent le progrès, y veulent pas la merde qui va avec eh...
Clémentine : Euh dis-donc là... c'est quoi cette valise sur mon lit, mes affaires ?
Mozart : C'est ma valise... oui... ah oui parce que je voulais vous demander... est-ce que je peux rester ici...
Clémentine & Mozart : ...cette nuit ?
Mozart : Hein ? Demain je chercherai...
Clémentine & Mozart : ...une chambre...
Clémentine : Ben tiens...
Mozart : Ouais, parce que j'ai l'intention de tenter ma chance à Paris.
Clémentine : Oh... comme boueux j'espère...
Roger : Oh l'aut'... comme bou... mais nan... y veut dire, tenter sa chance auprès de toi ma chérie ehe...
Clémentine : Ma chérie...
Roger : Ma chérie... du verbe mâcher, et du verbe rire... ehehe.
Clémentine : Eh ben ça m'ferait mal.
Roger : Ça t'ferait mal...
Mozart : A moi aussi hein...
Clémentine : Bon... je vous préviens... si ce type touche à un seul cheveux de mon lit, je n'y met plus jamais les pieds, en plus y doit ronfler beurk.
Mozart : Non alors là j'me suis fait opérer hein... et puis je ne dormirai pas... j'étudirai...
Clémentine : Bon ben moi j'met les voiles blouk blouk.
Roger : Tu mets quoi toi ?
Clémentine : J'met les voiles...
Roger : Tu mets rien du tout, tu permets que c'est moi qui sors.
Clémentine : C'est mon tour eh je vais me gêner.
Roger : J'ai rendez-vous. Pissenlit peut arriver d'une minute à l'autre.
Clémentine : Eh ben puisque Ducul est là y sait ouvrir une porte au moins non ?
Roger : J'en ai rien à foutre, j'ai mon mardi à récupérer qu'y pleuvait.
Clémentine : Et mon vendredi ? Que...
Roger : Tiens ! Il a causé, il a causé. Bougez pas. Bougez pas... haha...
Mozart : Ça marche bien c'truc là hein ?
Roger : Ouais...
Clémentine : Alors ? Alors... ça te ressemble, l'idole ?
Roger : Ouais... haha... ah c'est un peu lacylindrique...
Clémentine : Cônique.
Roger : Laconique ouais ouais ouais... ça démarre bien regarde... sexe masculin.
Clémentine : Ah oui ça démarre bien... hein, hein ?
Roger : Taille... un mètre soixante-dix.
Clémentine : Oooh ooh ben dis-donc ça fait des jambes ça...
Roger : Des jambes...
Clémentine : De vingt mètres.
Roger : Pourquoi ?
Clémentine : Un mètre soixante-dix ! Le mec il peut plus marcher sans ça.
Roger : Oh non qu'elle est con... eh... mais... c'est qu... c'est la taille du bonhomme ça, pas du sexe...
Clémentine : Mon dieu... où avais-je la tête ?
Roger : Oho l'aut'... Tu vois bien qu'y a un trait entre les deux...
Clémentine : J'croyais que c'était le croquis moi...
Roger : Hohoho... non t'es intelligente mais t'es quand même un peu... spécialisée non ?
Mozart : Quelle [horreur]...
Clémentine : Quoi...
Roger : Tu penses que... mais blouk blouk il aurait mis un point d'exclamation sinon... 'gade... cheveux chatains, yeux verts, expression fourbe par contre... heh... par contre... qu'est-ce que c'est que ça ?
Clémentine : Légère...
Roger : Légère disgrâce physique ou malheurs familiaux...
Clémentine : Ah ben tiens hah ! Ben t'as l'embarras du choix là.
Roger : Bah euh ouais... parce que j'ai les deux... accent étranger, voire provincial... il est nuancé hein ? Age... dix-sept à dix-neuf ans.
Clémentine : Olah... blouk blouk là.
Roger : Ah oui merde... ah c'est pas dans la poche ça.
Mozart : Mais Roger, c'est... c'est qui ça ?
Roger : Ben... tu vois bien que c'est pas moi.
Mozart : Bon ben j'comprends rien du tout.
Roger : Non c'est parce que j'avais demandé à blouk blouk le genre de mec qui fallait que je soye pour que nos chansons elles marchent sur le public tu vois ?
Mozart : Eh ben... demande-lui plutôt tes chances à toi... avec ton physique... à toi... à blouk blouk.
Roger : Pfiouuuu... t'entends ça 'mentine ?
Clémentine : Ouais oh...
Roger : Mais tu sais que toi, Mozart... ne... ne... ne crois pas que t'es con hein.
Clémentine : Ha ! Les autres s'en chargent.
Roger : Moi je programme comme ça moi.
Mozart : Ah... n'oublie pas de dire que t'es veuf et bricolo, et tout ça... ça... ça aide.
Roger : Tiens ! J'vais lui dire ouais. Dis-donc Mozart ! Mais ce... ce mec !
Mozart : Tu m'gênes beaucoup...
Roger : Non mais, non... Mozart, comment ça se fait, intelligent comme t'es... comment ça se fait que t'ai jamais eu connu 'mentine ?
Mozart : Ah ben tu sais, quand tu travailles le violon... tu vas pas aux putes hein...
Roger : Pam PAM PAM...
Clémentine : Non j'ai très... alors là... j'ai très bien entendu je vois pas le rapport. Tu joues avec ton zizi ou tu baises avec ton archet toi Ducul ?
Mozart : Non, non, non, puis voyez moi c'que j'aime c'est les... conversations relevées.
Clémentine : Oh.
Mozart : Oui c'est un peu ça qui fait mon charme...
Clémentine : Oh c'est sûrement ça parce que c'est pas autre chose...
Roger : He... elle se demandait justement qu'est-ce qui pouvait bien faire ton charme...
Mozart : Ah bon ?
Roger : Ouais...
Mozart : Ah bon... pourquoi vous mettez pas des petites pédales là, à votre petit métier ?
Clémentine : Parce que quand je serai cul-de-jatte je serai bien contente qu'il n'en ait pas des petites pédales mon petit métier.
Mozart : Ah mais c'est vrai que quand on est cul-de-jatte euh les sujets de satisfaction sont rares.
Clémentine : Ben comme ça j'en aurai.
Roger : Parce que eh... tu comptes être cul-de-jatte incessament 'mentine ?
Clémentine : Euh non mais quand même il vaut mieux prévenir un peu que...
Roger : Ah oui ça quand on est cul-de-jatte il vaut mieux prévenir que courir ehehe...
Mozart : ...ah ouais ouais...
Roger : ...ehe... bon ,allez les enfants c'est l'heure que je vous quitte. Vous oublirez pas de guetter la feuille là. Salut.
Clémentine : Bon eh oh oh oh eh... tu te fais pas une petite beauté pour sortir ton rencart là ?
Roger : Mais eh... c'est fait.
Clémentine : Oooh...
Mozart : C'est sport.
Clémentine : ...super.
Roger : Ah ! Pis dis-donc... j'allais sortir sans ma poche moi... voilà.
Clémentine : Ha. T'as pas intérêt à sourire hein quand même.
Roger : J'ai p... quoi ?
Clémentine : Ah ça jure... ça jure pas ?
Mozart : Ah bah oui t'as un caca sur la dent.
Roger : Ah... où ça là ?
Mozart : Là sur la grosse là ouais au milieu.
Roger : Où c'est... ah ouais.
Mozart : C'est quoi ?
Roger : Je sais pas mais ça date pas d'hier ça.
Clémentine : Ben c'est du dentifrice alors.
Roger : Ah oui... qu'aurait noirci p't'être... tiens... non non ! C'est du chatterton. Tiens... tu le remettras sur blouk blouk, parce que on... on en manque. Allez, salut les jeunes.
Mozart : Salut Roger.
Roger : Aha.

Roger sort
Mozart : Qu'est-ce que vous faisez là ?
Clémentine : Actuellement là ?
Mozart : Là ouais.
Clémentine : Je faisez des écharpes.
Mozart : Aah. Des ou une ?
Clémentine : Plusieurs une ça fait des.
Mozart : Bien vu, bien vu. Et pourquoi vous les tricotez pas ?
Clémentine : Parce que j'les tisse.
Mozart : Bien vu, bien vu. Mais dans ce cas-là vous feriez mieux d'utiliser toute la largeur là, ça serait... ça serait vachement plus rentable.
Clémentine : Dis-donc, j'te demande si ta grand-mère elle est vachement plus rentable dans la largeur ? Non ? Bon alors de toute façon...
Mozart : Non mais... même... non mais attention... attention... ou on travaille en série, et on est rentable, ou on fait de l'artisanat... et euh on choisit des belles couleurs.
Clémentine : Proverbe Ducul ?
Mozart : Aheee aheelle est ridicule, la petite bande au milieu elle est... haha ! Elle est ridicule... haha...
Clémentine : Dis-donc. Tu vas me lâcher la touffe cinq minutes tu veux ouais ?
Mozart : Ma chère vous êtes très vulgaire... 'vous aime... 'vous aime ! Clémentine ?
Clémentine : Quwèèè ?
Mozart : Je vous h'aime. I love you. Aaah moi yen a aimer vous hein ?
Clémentine : Ben ça yen a faire cent sacs mon vieux.
Mozart : Blouk. Bon ben j'attendrai les soldes.
Clémentine : C'est déjà en solde.
Mozart : C'est déjà en solde ?
Clémentine : A ce prix-là oui.
Mozart : Bon ben alors les voilà.
Clémentine : Ça va pas non ?
Mozart : J'les pose là.
Clémentine : 'les pose là l'aut'.
Mozart : Hop la.
Clémentine : Ha. Pourquoi pas deux cent alors ?
Mozart : Un peu b...
Clémentine : Alors le plein, la carte grise, la préparation , les clés, tout ça vous savez c'que c'est, il va falloir compter un moment monsieur.
Mozart : Pfff... j'ai tout mon temps madame.
Clémentine : Alors disons une bonne vingtaine d'années.
Mozart : Ah oui mais alors là euuh... j'aimerai faire un petit essai avant commande, voyez le genre de petit essai comme ça vite fait sur le gaz.
Clémentine : Euuh ya pas l'feu.
Mozart : Non mais ya le gaz.
Clémentine : Un petit essai tout petit ?
Mozart : Ouaiiis... le petit essai qu'engage à rien, qui mouille personne.
Clémentine : Oui oh ben ça, bon... impossible monsieur nous n'avons pas de cabines libres pour l'instant.
Mozart : Alors je reprends mes cent sacs ?
Clémentine : Comme vous voudrez...
Mozart : J'vous avait apporté un cadeau.
Clémentine : Pouah ! Alors là ça ne m'intéresse pas du tout. Qu'est-ce que c'est ?
Mozart : C'est du muguet.
Clémentine : Oh ben j'm'y attendais.
Mozart : Voyez celui-là je l'ai ramassé l'année dernière.
Clémentine : Il est un peu fané quand même hein.
Mozart : Oh ben j'ai fait une infusion avec les clochettes, pis je vous ai rapporté la salade.
Clémentine : Et puis c'est bon en salade le muguet ?
Mozart : Ah non c'est très mauvais, par contre on fait des infusions, des décoctions, c'est très bon pour la diahrée.
Clémentine : Oh moi de ce côté là moi ça va très bien.
Mozart : Bon ben alors les hémorroïdes.
Clémentine : On t'appelle pas Ducul pour des prunes finalement toi...
Mozart : Oh ! c'est la rép... c'est la réponse.
Clémentine : Qu'est-ce que ça dit ?
Mozart : Ça dit... chances de réussite, zéro virgule zéro quatre pour cent. Ah, blouk blouk. Ben c'est pas dans la poche.
Clémentine : Nan... c'est pas dans la poche.
Mozart : Y va être triste là Roger hein ?
Clémentine : Oh y fera autre chose eho, ya pas qu'idole hein.
Mozart : Ya que la foi qui sauve... attends mon Roger j'vais t'arranger ça moi. Voilà.
Clémentine : [...]
Mozart : Non là ça va être plus facile, j'ai un peu précisé le chiffre.
Clémentine : T'as précisé le chiffre ?
Mozart : Ouais.
Clémentine : Ah quel homme.
Mozart : Vous trouvez aussi ?
Clémentine : Ya que la foi qui sauve hein ? Quel homme quand même... bon je m'ennuie ferme avec toi, je vas faire un tour à la Samaritaine, tiens.
Mozart : Dans cette tenue ?
Clémentine : Ya de tout là-bas. Je compte sur toi pour ne pas le dire à papa, sinon je lui raconte que tu m'as violé.
Mozart : Eh ben voyons eh.
Clémentine : Salut Ducul, je vais voir king-kong.

Clémentine sort
Mozart : Allez Ducul... allez Ducul... allez... salut Ducul. Salut Ducul... salut Ducul... salut.

Intermède
Roger : Eh... eh ya... ya p... ya per... non faites pas des blagues hein... ohooo... ohooo... ya q... ya quelqu'un ? Eh ? C'est bien la chambre trente-trois ? Bon, bon alors dites trente-trois...
Mozart : Trente-trois.
Roger : Ohoho... tu dormais mon raton mignon ?
Mozart : En grande partie ouais.
Roger : Ahaha ben c'est fini eheheh... je... je suis ce qu'on appelle légèrement éméché... je peux poser mes godasses ?
Mozart : Bah fais comme chez toi.
Roger : Ah t'es brave toi. Aha... ém... éméché héhé, j'préfère te le dire, parce que des fois que tu le remarquerais pas et que tu noterais ensuite des incohérences qui se glisseraient dans mes propos heh...
Mozart : Ah, ben qu'à cela ne tienne euh, ferme donc la porte.
Roger : Casse la porte, ferme la tienne, aaaaha... oh les [reflexes]... ah non mais... ah non mais... je vais pas fermer la porte malheureux... pourquoi tu veux pas fermer la porte ? Aaah, je vais pas fermer la porte maintenant... pourquoi tu veux pas ? Ah non j... he... je vais pas fermer la... pas avant d'avoir introduit l'objet de ma visite, l'objet en visite. Entrez mademoiselle... taaadada... lumières !
Mozart : Je trouve pas le bouton... ah voilà.
Roger : Ehehe... alors ? alors alors ? 'gade-le, c'est pas un beau p'tit lot ça madame... hein ? Ahaha... 'gade-moi c'te chute de reins tant que t'es derrière...
Mozart : Joli travail...
Roger : Tra... ? Travail... on lui parle de beauté, y parle de travail... he ! Ya pas travail là-dedans eh, malheureux. Tout ça, tout ça c'est archi-naturel ça... ooohlala. Regarde-moi ces jambes, hein ? Regarde-moi cette taille... regarde-moi ces yeux... ces y... les yeux s'il vous plait, les yeux... ya quelqu'un ? Les y... aaahahah... y sont derrière... eheh... oh c'est vraiment la capitale... bon allez, allez. Commençons par un bout sans s'énerver. Le cheveux... souple, pas un poil de colorant, tu peux tâter c'est du cheveux, ça fait pas mal.
Mozart : Oh... l'étoffe en est moelleuse...
Roger : Moelleuse, oui... ehehehe... le front est lisse, l'oeil vif, le nez droit, hein ? La bouche... la bouche ? Un... un fruit mur... alors tu bouquines jamais rien toi, hein ? Le menton ? Volontaire... hein ? L'arcade... sourcillière. L'oreille elle est petite, nerveuse et racée... t'sais ? Voiture de sport...
Mozart : Gnaoonnn...
Roger : Attends alors là, merveille des merveilles, les dents. Les dents. Des perles fines, une nacre, regarde-moi ça...
Mozart : Roger, c'est... c'est à hurler de bonheur... c'est... c'est... c'est ouaaaah ouaaah !
Roger : Oui, non... non, oui mais continuons dans le calme.
Mozart : Là tu... là tu peux arrêter j'ai compris...
Roger : J'insiste non, autant faire le tour d'une bonne femme, on va pas passer la nuit là-dessus hein. T'as quelque chose à reprocher au cou ? Le cou ? Tu lui reproches quelque chose au cou, non alors il est... irréprochable... ehehe... l'épaule est menue, le bras gracile, la main fine... ehehe j'te le refais... la main fine...ehehe... les seins, ouah...
Mozart : Oh les seins, les seins !
Roger : Poussez pas derrière. Les seins... voilà, ouais voilà, des seins "poussez pas derrière". Autant le ventre est plat, autant la fesse est ronde, généreuse, ehehe. Les zanches ? Les zanches, une... non pas un bidet, j'te dis une... une amphore...
Mozart : Ha oui d'accord...
Roger : Ehehe... la cuisse... montre la cuisse, Marguerite. Alors, touche-moi le grain de peau, comment que tu disais tout à l'heure ? Tu disais... euh moelleux, voilà super-moelleux... poussez pas ! Le genoux est harmonieux, le mollet cambré, la cheville... eh la cheville hein ? Elle est... elle est... la cheville elle est chevillette quoi hein ?
Mozart : Et la bobinette cherra...
Roger : Voilà cherra... le seigneur a fait tout ça du haut des cieux, et c'est sur moi que son choix choit, halleluia.
Mozart : Tu veux que je te masse le coeur ?
Roger : Non, non, attends c'est pas... c'est pas fini. Parce que bon, l'aspect physique c'est une chose... finalement est-ce vraiment important ? Naaaan. Parce que en plus, elle consomme rien, un rien l'habille, tu veux qu'elle marche ?
Mozart : Elle voudra jamais...
Roger : Tsss, tu veux pas marcher deux, trois pas pour mon camarade, y me croit pas. Ehe. Pousse-toi, pousse-toi, pousse-toi, ehe... aaaha... tandan... tannnn ehehe... tu vois un peu dis ? Tu vois ce... ce port de rêve... hein ? Cette frégate entrant toutes voiles dehors dans le port de... de Rennes, tiens, justement... ouais oh, je sais ce que tu vas dire, tu vas me dire... jusque-là en en est quoi... hein ? On en est qu'au niveau de l'héroïne classique de très très grand romans policiers quoi hein...
Mozart : Oui en... en plus palpable...
Roger : Palpable, oui pal... palpable... mais arrivé là on se dit, eh les mecs, la beauté d'accord hein, mais doucement hein ? Doucement ! La beauté mon vieux ya un moment, tu... ya... ya un moment où la beauté ça te fait comme le ciment dans la baignoire, d'un coup... ya un moment... la splendeur glacée des étoiles, d'accord, mais... ah, ah, ah... hein ? Ah, tu finis par te dire mon vieux, une cathédrale pareille... ya pas de miracles... statistiquement, elle doit être con à classer un légionnaire hein ? Ahahahaha...
Mozart : Ahh...
Roger : Hein ? Tu l'as pensé ça... et oui voilà, ben voilà, voilà le français minable, y avait un truc à pas penser, il le pense. Hahaha. Alors voilà... la... la mentalité... c'est beau, ça doit être con, hein ? D'accord hein ? Alors bon ben poursuit le raisonnement alors, le C.R.S. c'est moche, ça doit être intelligent alors ? Hein ?
Mozart : Comment ça ?
Roger : Ben ouais vas-y tiens. Ose... ose le dire, tiens... ose le croire seulement.
Mozart : Non...
Roger : 'gade-le...
Mozart : Non...
Roger : 'gade-le...
Mozart : Non... elle serait...
Roger : Intelligente.
Mozart : Non !
Roger : Elle est supérieurement intelligente... ah t'es emmerdé là hein ? C'est la Talleyrand du riche. Et c'est là que le bas blesse, c'est là que t'es emmerdé, c'est là l'objet de ma visite, le clou du programme... c'est là... c'est là l'objet de ma visite... elle est intelligente !
Mozart : NON !
Roger : Mais... tu vas t'habituer... tiens viens, viens là... viens là... viens relax, là... intelligente j'te dis... intelligente...
Mozart : Non...
Roger : Tiens mais n...
Mozart : Non...
Roger : Un... tiens... voilà... intelligente elle est ! Margue... Marguerite... parle à mon camarade un peu, y me croit pas... laisse tomber dans son esprit un peu serré... un peu boite de thon... les pétales diaphanes de ta prose Baudelairienne... moi je me met là... non t'inquiètes pas... t'inquiètes, je suis là, je res...
Marguerite : Hmmm... le moment est délicat... ben on ne peut pas prouver qu'on est intelligent. Je pourrais vous donner quelques exemples mais les exemples ne constituent jamais des preuves.
Roger : Heh ouais... c'est ça la merde.
Marguerite : Alors euh, que dire ? J'ai reçu une éducation suffisante... ni trop seizième, ni trop populaire ce qui me permet d'être à l'aise dans tous les milieux. J'ai quelques talents de société... rassurez-vous rien que de très ordinaires, de la belotte au bridge, du vélo au ski nautique et... je fais mes dix-huit trous dans un temps tout à fait modeste.
Roger : Nan attends c'est rien ça encore... haha...
Marguerite : J'ai un bon sens de l'humour... ça aide. Une culture générale solide, et des parents aisés... voilà pour ce que nous appelleront à la fois la base et le vernis. Oh lala... ce n'est pas facile de parler de soi comme ça... c'est vrai... sans être tenté de se faire mousser et sans non plus se dénigrer.
Roger : C'qui... c'qui faut c'est... c'est passer entre les deux, s'tu veux... hein ? Le fascisme ne passera pas, mais toi alors... pffft !
Marguerite : Quoi qu'il en soit, je dois remercier Roger de m'avoir mise dans cette situation... c'est vrai ce n'est pas si souvent que l'on offre à une femme l'occasion de montrer elle-même qu'elle est intelligente... qu'en pensez-vous ?
Mozart : Moi ? Euh... moi vous savez blouk blouk...
Roger : Ça lui... je le connais, le jour où il aura une opinion hein, on le saura avant t'façon.
Marguerite : Ah, euh j'oubliais... en amour... je me débrouille pas mal. Disons que je baise bien. Une bonne expérience, alliée à une technique pratiquement insoupçonnable et adaptée au partenaire. Non, je ne suis ni une scientifique, ni une obsédée, mais... pas non plus une [rosière], voyez vous ? Oui en un mot, j'aime ça. Je sais l'exprimer... et... et je peux même donner l'impression que je ressens sentimentalement l'évènement.
Roger : Aaaah...
Marguerite : Voilà. Je prends mon pied une fois sur deux. Une fois sur trois seulement en hiver, je suis frileuse. Et ce pied je ne le prends ni trop tôt, ni trop tard... ce qui est quand même bien agréable pour tout le monde...
Mozart : Mais absolument.
Roger : Alors, hein ? Ahaha... 'gade-le 'gade-le 'gade... t'es réveillé maintenant hein ? Hehehe... tu cracherais pas dessus hein ?
Mozart : Non...
Roger : Hehehe... dégueulasse.
Mozart : Oh Roger comme on dit, je suis conquis, j'achète...
Roger : Hihi... il achète lui... eh ben mon vieux c'est cent sacs.
Mozart : Encore ?
Roger : Quoi encore ? Tu rigoles ou quoi eh... mais... cent sacs... tu réfléchis... eh... dis-donc cette cathédrale-là moi j'y ai pas touché encore eh... en plus je sens que je vais m'y attacher comme une bête parce que... elle me rappelle ma ruflette de St Rup'.
Mozart : Oh mais Roger mais n'y penses plus, ça te fait trop souffrir.
Roger : Ah ben t'es malin faut bien que j'y pense un peu avant d'en parler [...] ah la douleur qu'est-ce tu veux... eh oui eh... j'y pense et pis j'oublie quoi. C't'à dire j'y pense surtout quand je suis seul la nuit... alors quand son souvenir vient me faire souffrir, alors s'tu veux j'y pense encore, et pis j'oublie. Alors là je me suis dis bon, plutôt qu'il me fasse cocu dans les premiers jours... comme euh pour euh Dorothée.
Mozart : Oh moi pas du tout.
Roger : Chut...
Mozart : Ah Bah alors... pas du tout alors...
Roger : T'avais dit... t'avais dit qu'on remettrait pas ça...
Mozart & Roger : ...sur le tapis.
Roger : Je me suis dis, autant qu'il me la rôde une petite semaine, hein, que mon orgueil ne s'en ressente pas, si tu veux, et que... et que l'âme de mon portefeuille s'en trouve grandie.
Mozart : Je suis entièrement raison, tu as complètement d'accord.
Roger : Hehehe...
Mozart : Alors les cent sacs...
Roger : Non non non, ya pas de problèmes d'argent entre nous...
Mozart : Non mais les affaires c'est les affaires...
Roger : Où y sont ?
Mozart : Les cent sacs tu les trouveras sur le métier à tisser.
Roger : Ahah... eh.
Mozart : Mademoiselle, si vous voulez bien me suivre, c'est par là merci.
Roger : Ahaha... c'est vrai qu'y sont là... waaah dis donc... je dois dire qu'y a pas de sot métier.
Mozart : Ah Roger...
Roger : Ouais ?
Mozart : J'ai la réponse de blouk blouk... la réponse de l'ordinateu...
Roger : Mozart ! Mais pas avec les pompes sur le lit quand mêmeuh ! Bon alors on acco... bon donne... qu'est-ce t... ouaaah... ohoho... eh mais tu sais que tu fais des progrès dis ? Oho... ouais... Mozart ! Eh... chances de réussite, quatre-vingt virgule zéro quatre pour cent. Aha ! Oouh ben alors, c'est dans la poche à nous les [...]

Clémentine : Aaah franchement, un gars qui tiens dans ses mains l'avenir du pays... faut que ça soit nous qui fait tout.
La Fleur : Oh ben tu sais, je suis bien contente de le revoir, parce que figures-toi, je crois que j'avais un petit penchant.
Clémentine : Un petit penchant... allez... bah ? bah papa... qu'est-ce que tu fais là ? Va dans ton lit...
Roger : Hein ? Qu'est-ce qui y a, qu'est-ce que c'est ?
Clémentine : Faut qu'on couche Pissenlit, regarde-moi ce travail. Ils l'ont ramené en ambulance.
Roger : Oh ben c'est bien gentil de leur part.
Clémentine : Boh tu parles heureusement qu'on passait parce qu'ils l'auraient pas monté... haaan...
Roger : Mon vieux...
Clémentine : Alors soi-disant faudrait pas qu'on s'étonne si y débloque, ils l'ont piqué.
Roger : Ils l... quoi ? Ils... Ils l'ont... quoi... piqué ?
La Fleur : Oui piqué !
Roger : Oh ben tiens, la Fleur... ben v'la autre chose.
Clémentine : Je l'ai trouvée à la Samaritaine, comme quoi...
Roger : Ah ouais... soutiens-gorge invisible et tout...
La Fleur : Ooh ça se voit ?
Roger : Non ça se voit pas, c'est pour ça j'te dis... eh qu'est-ce tu foutais toi à la Samaritaine ?
Clémentine : Je prenais l'air... au fait il est parti Ducul avec son archet magique là ?
Roger : Non... y dort hein, mas vous allez le réveiller ça c'est sûr.
Pissenlit : Ça c'est sûr, ça c'est sûr et ça c'est sûr et... c'est sûr...c'est...
Roger : Ah... tu vois ? Ça va mieux... tant mieux.
Pissenlit : Où suis-je ?
Roger : Oho... littéraire avec ça... t'es dans ton lit mon gars... ehe...
Pissenlit : Ooh... la Fleur... ça fait du bien de te revoir.
La Fleur : Bonjour Pissenlit... regarde, je t'ai apporté du miel comme tu aimes.
Pissenlit : Hmmm... ta vue déjà me réchauffait le coeur.
Roger : On croit rêver...
Pissenlit : Ouh... du miel de bruyère.
Roger : Oui ! C'est du miel de bruyère, que t'as apporté la Fleur... montre-toi.
Pissenlit : Oh...
Roger : Miel... la Fleur...
Pissenlit : Oooh...
Roger : Miel...
Pissenlit : Oui oui oui oui oui... comme tout celà est loin à présent... le chant des coqs de bruyère... le tapis violet des bruyères... les solides pipes de bruyère... la bruyère en chantant nous ouvre la barrière !
La Fleur : Ooh, wooh...
Roger : Ooh qu'est-ce qu'il a, dis... il est fou avec sa bruyère...
Clémentine : Ils lui ont peut-être fait des piqures de bruyère si ça se trouve...
Pissenlit : Ah non pas piqure ! Pas piqu'e ! A'êtez j'vous jure l'opé'ation est impossible... pas piqu'e maman...
Roger : Oooh... tu permets qu'y en a qui dorment ici alors !
Clémentine : Lààà !
Pissenlit : Bon d'accord. On a gagné. Une vie est sauvée. Nan. Nan nan, je sais plus comment j'ai fait nan. [Louisette] peut grimper oui. Oui c'est important... ça c'est sûr, ça c'est sûr, ça c'est sûr...
La Fleur : Voilà c'est reparti... l'eau froide vite !
Pissenlit : ...ça c'est sûr, ça c'est sûr, ça c'est sûr et ça c'est sûr, ça c'est froid blblb... graouu...
La Fleur : Oh !
Clémentine : Roh ben y ont pas pleuré les piquouses hein... oulala pas doués les matheux pour manier l'aiguille... il est couturé, boursouflé, purée...
Roger : Bon... on pourrai dormir ouais ? Demain y fera jour hein...
Pissenlit : Oui ! Mais les jours seront plus longs, la nuit, on dort.
Roger : Eh ben justement hein...
Pissenlit : Les minutes de travail feront quatre-vingt secondes.
Roger : Non non non, parle pas de malheurs de...
Pissenlit : Il pleuvera en semaine, il fera beau le week-end.
Roger : C'est ça... [vive l'usine]...
Pissenlit : [Louisette] peu grimper, merci Boscop.
Roger : Allez, dodoooo.
Clémentine : Eh l'aut' oh l'autre oho mon lit, faut plus se gêner toi t'en as un non mais eh...
Roger : Non... non non non... parce que...
Clémentine : T'en as un de lit...
Roger : Oui mais moi parce que... non, moi... nooooon. Parce que... l... le... le... le miens il est bourré à craquer...
Clémentine : Qu'est-ce que c'est que cette hist... oh ! Euh la Fleur, tu viens, on se tire c'est dégoutant.
La Fleur : Oh lala... mais qu'est-ce qui se passe, j'ai sommeil moi.
Clémentine : Y a une rombière à poil dans les bras du boueux Ducul !
La Fleur : Ahaha...
Clémentine : Il s'appelle Ducul, il est boueux madame !
Roger : Mais qu'est-ce que t'as toi contre les éboueux ?
Clémentine : Les rombières à poil.
Roger : Eh... comment qu'tu veux qu'elle se mette ? C'est la nature, tu t'habitueras.
Clémentine : C'est pas... c'est pas la question d'à poil, non mais eh ils ont qu'à aller à l'hotel qu'est-ce que ça veut dire ?
Roger : L'hôtel... eh ben... où c'est que tu t'crois ici toi ? Hein ? Eheh.
Clémentine : Bon. T'façon dans un quart d'heure on manquera d'oxygène ici, je vous laisse ma part, je vais voir mon gréviste.
Roger : 'me passerai bien de la mienne...
Clémentine : Quoi ?
Roger : ...de part... la mienne.
Clémentine : De part d'oxygène ?
Roger : D'oxygène.
Clémentine : Bon ben la Fleur t'as... t'as que l'embarras du choix, bon courage hein...

Clémentine sort
Roger : Ah le cul qu'elle se paye celle-là...
Pissenlit : Rombière... rombière... rombière à poil... rombière à poil... poil de rombière... poil, poil, poil, poil, poil, poil, poil... poil, poil, poil... papa... papa !
Roger : Heiiiin ?
Pissenlit : Te retourne pas, je crois qu'on est suivi.
Roger : Arrête tes conneries, je te dis qu'on est arrivé, Pissenlit... chiant.
Pissenlit : Papa... papapapapapapapapa...
Roger : Heiiiin ?
Pissenlit : J'arrive plus à me souvenir comment j'ai compensé les effets secondaires sur phi.
Roger : T'inquiètes pas fiston, va, papa il va devenir célèbre alors...
Pissenlit : Ooh mais Pissenlit aussi, yop yop [...]

Marguerite : C'est toi chéri ?
Pissenlit : Oui ?
Marguerite : Tu vois pas un savon à douche ?
Pissenlit : Si.
Marguerite : Alors ?
Pissenlit : Bonjour ma'ame, ça va ?
Marguerite : Tu m'le passe...
Pissenlit : Quoi ?
Marguerite : ...ben le savon...
Pissenlit : ben le savon... tiens, voilà le savon eh...
Marguerite : Aaah je ris de me voir si belle...
Pissenlit : Veinarde... je ris de me voir si belle... ahahaha... je ris la nuit et le jour... je ris [...]... aah ! Ooh ! Blouk blouk ! Oh... p'tit gars. Eh le p'tit voyou ! Ohoho... il n'a jamais baisé le p'tit voyou... hein ? Pourtant c'est des obsédés les débiles mentaux non ? Obsédés sexuels... Aah le sexe, le sexe, le sexe, le sexe, le sexe, sexe sexe sexe... ahahaha... hmmm... eh ! Où qu'il est le n'obsédé hein ? Où qu'il est le n'obsédé ? Il est dans la culotte du p'tit voyou... ahahaha ! Le grand méchant loup de n'osédé... il va faire peu' la dame quand elle va so'ti'... hmmm... yeeeh ! Crac crac crac crac crac !
Marguerite : Au secours qui êtes vous ?
Pissenlit : Je suis le crac-crac n'obsédé... crac-crac !
Marguerite : Oho... ouais ben laissez-moi tranquille.
Pissenlit : Je vous fais pas peur ?
Marguerite : Pas du tout.
Pissenlit : Tiens.
Marguerite : Booon, et puis poussez-vous un peu, je me lave les dents.
Pissenlit : Ah. Ça c'est bien... c'est très bien, faut se laver les dents. C'est bien. Ça évite de puer de la gueule et tout. Bonne hygiène. Aaah les fesses, les fesses, les fesses, les fesses, les fesses !
Marguerite : Hmmm ! C'est pas la peine de jouer les Ducon pour en profiter.
Pissenlit : Ça vous excite pas les fesses, les fesses ?
Marguerite : Non.
Pissenlit : Tiens... on m'a mal renseigné alors... curieux ça. Pfff... fait pas chaud hein ? Bon eh ! Je vais pas attendre comme ça pendant deux plombes moi eh... eh vous allez pas mettre toute la journée quand même... vous vous avez la [...] avec votre brosse à dents, moi ça m'attaque la gueule pendant ce temps-là quoi. Hein ?
Marguerite : Oui ?
Pissenlit : 'veux me 'aser moi vous comprenez ?
Marguerite : Personne ne vous en empêche.
Pissenlit : Merci ma'ame.
Marguerite : Appelle-moi Marguerite...
Pissenlit : Merci Margue'ite... ihih...
Marguerite : ...et arrête de parler bêbête pour faire ton intéressant.
Pissenlit : Ah. Vous le prenez comme ça ? Eh bien changeons de ton. Vous, vous n'êtes pas là par hasard.
Marguerite : Tu crois ?
Pissenlit : Une maman devine tout... vous êtes chargée de me surveiller non ?
Marguerite : On ne peut rien te cacher petit mutant...
Pissenlit & Marguerite : Ahihihi...
Roger entre
Roger : Allez place aux idoles les jeunes... 'voudrai pisser, moi.

Présentatrice : C'est vers vingt et une heure cinquante cinq, ou plus exactement à vingt deux heures vingt, que vous pourrez suivre l'émission de Claude Armand-Piagel "Pour qui sont ces serpents ?", dont ce sera le deuxième volet. Mais dès à présent rendons-nous, si vous le voulez bien, sur le plateau de "Strip Star" où comme chaque mois vos idoles seront mises à nu, c'est une image naturellement, pour satisfaire votre curiosité et celle de notre animateur Jacques Chambille.

Jacques : Eh bien cher telespectateur bonsoir. Ce soir nous vous parlerons d'une famille que vous connaissez bien et que le monde entier s'arrache pour des raisons diverses, je veux parler de la famille Dendron, une famille dont chaque membre ou presque est en soi un petit miracle. Mais tout de suite pour calmer les impatients, et ils sont nombreux, voici la chanson que vous avez plébiscité pour faire danser vos vacances : "Pas cette nuit". Roger Dendron... à vous !

Roger : La première fois que je t'ai vue, tes yeux brillaient...
Choeurs : Non, je n'oublirais pas cette nuit... pas cette nuit... pas cette nuit...
Roger : Tu souriais au milieu d'un groupe d'amis... vous aviez tous un verre de champagne à la main. On fêtait tes dix-sept ans. Les lustres mettaient des paillettes dans tes cheveux dorés, les bulles dorées du champagne éclataient de toutes parts. Tu t'es tournée vers moi dans ta robe dorée de chez Lois Azzaro, et tu as murmuré... "Baeeh... vous buvez pas ?". Alors il s'est approché de toi, t'a prise par la taille et t'a entrainé sous la véranda. Seul... oui je suis resté tout seul... désemparé... et... et les colonnes de marbre riaient de moi, de mon smoking démodé. Chérie, tes parents sont vraiment très fortunés. Ce soir-là, je l'avoue, je n'étais pas invité.
Choeurs & Roger : Non... je n'oublirais pas cette nuit... pas cette nuit...
Roger : ...ahaa...
Choeurs : ...pas cette nuit...
Roger : Depuis, j'ai erré de par le monde, j'ai connu bien des dangers...
Choeurs : Non... je n'oublirais pas cette nuit... pas cette nuit... pas cette nuit...
Roger : J'ai été l'ami des plus grands, celui sur qui on compte, le bras droit des gens d'action, un aventurier, l'homme aux soixante-deux cicatrices... dans le dos. Un soir, on donnait une réception en mon honneur dans je ne sais plus quel palais. Une jeune femme s'est approchée de moi pour me remettre je ne sais plus quelle décoration. J'ai levé les yeux... c'était toi. Te souviens-tu, ai-je murmuré, alors tu as fondu en larmes, et à travers tes sanglots j'ai entendu... seule... oui je suis restée si seule, il m'a quitté. Tout... oui tout en vous m'avait frappé... votre regard et votre smoking démodé... et j'ai refusé fermement de l'épouser, j'avais toujours espéré que vous reviendriez...
Choeurs & Roger : Non... mais non surtout pas cette nuit... pas cette nuit...
Roger : ...ahaa...
Choeurs : ...pas cette nuit...
Roger : ...je t'ai dis... bon ben à demain, quoi.

Jacques : Roger, bravo... Roger, bravo... Tiens Roger, tu t'installes ici on bavarde un petit peu... tiens Roger, on se met à l'aise, on se dit tu...
Roger : Allez... tant pis... ehehe...
Jacques : Oui... alors, Roger dis-moi, tu sais que cette chanson est d'inspiration totalement médiocre, n'est-ce pas ?
Roger : Ehe... tu parles si je l'sais... je suis payé pour le savoir... ehe... mais j'en ai aucune honte puisque je n'en suis pas l'auteur.
Jacques : Oui... voilà où je voulais en venir, qui est l'auteur de ce tube... on peut dire tube n'est-ce pas ?
Roger : Allez... on se dit tube... hehehe... haha y me dit on peut dire tube, là je l'ai cueilli là...
Jacques : Oui... dans ce cas oui... en fait cette chanson, ce tube, s'est vendu à plus de huit cent mille exemplaires...
Roger : ...plaires...
Jacques : ...alors que la saison commence...
Roger & Jacques : ...à peine...
Jacques : Merci Roger... alors, Roger dis-moi, qui en est l'auteur ?
Roger : L'auteur c'est mon ordinateur... qui a été surnommé blouk blouk par ma fille.
Jacques : Heh c'est charmant. Alors, cet ordinateur, qu'est-ce que c'est... ou attention, ou plutôt... qu'est-ce qu'il est ?
Roger : Qu'est-ce qu'il est ! Attention il est susceptible... ha... alors, comment te le définir... il a ceci de commun avec Potemkine... qu'il est en quelque sorte c'est la voix du peuple... je sais pas si tu me comprends bien. En ce sens qu'il ne fait que reprendre des idées, des phrases, ou des mots qui se sont bien vendus l'année d'avant... c'est à dire que le peuple a acheté quoi. Ah y prends pas de risques hein, y reste très... très très fête de l'Huma quoi.
Jacques : Oui... c'est ça oui...
Roger : Oui... hahahaha...
Jacques : Je pense que tu as été toi-même désigné par l'ordinateur.
Roger : Oh le piège ! Oh la... oh la perfide ordure... hohoho...
Jacques : Non je [...]
Roger : ...oh le Bouvard du pauvre...
Jacques : Non... non non... [...]
Roger : Nan... oh je dis ça mais on s'adore...
Jacques : Ça ne fait rien Roger...
Roger : ...je ne crache jamais dans la soupe...
Jacques : ...c'est le même métier...
Roger : Désigné non... je... le personnage désigné était même très différent de moi mais... j'ai demandé à blouk blouk quelles étaient mes chances à moi...
Jacques : Oui... quelles étaient-elles ?
Roger : Ah je te l'dirait pas ça p'tit gars.
Jacques : Ahahllons Roger pourquoi ?
Roger : Ce serait te donner la mesure exacte de mon talent personnel... ouaaah... oh la phrase...
Jacques : Ouais... ça ne fait rien...
Roger : T'as vu ça ça fait mal en télé...
Jacques : ...oui alors Roger une dernière question si tu me permets...
Roger : Ouais...
Jacques : Pourquoi avoir orienté blouk blouk vers le show-buisness, alors que tu aurais pu le programmer vers d'autres produits de consommation ?
Roger : Ahahaha... oui je te vois venir... j'aurai pu, bien sur j'aurai pu... mais mon vieux, je ne suis pas poète... je suis chimiste... oh merde...
Jacques : ...non attends... Roger... Roger est-ce que tu reconnais l'endroit où tu es là ?
Roger : Oh ! 'm'avez fait une surprise... ah dis-donc... c'est la chambre d'hôtel où nous avions débarqué en... en... au... au... que vous... que vous avez reproduite en studio.
Jacques : Oui... ouais...
Roger : Hehe...
Jacques : Mais...
Roger : Bravo...
Jacques : Mais...
Roger : Mais, mais euh... en plus, en plus propre... oui je le savais ça...
Jacques : Oui oh... c'était pas difficile... Roger... tu étais éboueur...
Roger : Ouais...
Jacques : Tu es riche... est-ce que tu es heureux ?
Roger : Ça tu l'as dit... je suis riche oui...
Jacques : Oui... d'accord mais alors Roger... dis-moi maintenant, Roger tu peux réaliser tous tes rêves...
Roger : Ah ça je m'en garderai bien p'tit gars...
Jacques : Ha bon Roger pourquoi ?
Roger : Si je les réalisais, ce ne serait plus des rêves... ouaaah... oh la phrase... celle-là faut la trouver en direct...
Jacques : Bravo...
Roger : Ça les change à la télé hein ? Hehe... hehehe...
Jacques : Oui... oui... bravo Roger... Roger tu avais raison, tu es un poète, bravo, et merci Roger.
Roger : Il est chié... hahaha...
Jacques : Bravo... sisisi... bravo Roger... alors, avant d'attaquer ce que l'on pourrait appeler...
Roger : Ils l'ont imité aussi celui-là haha...
Jacques : Oui... hehe... oui. Avant d'attaquer ce que l'on pourrait appeler le clou du programme je me tournerai vers trois personnes qui ont bien connues les Dendron, puisqu'il s'agit de mademoiselle Clémentine Dendron...
Clémentine : Blouk blouk.
Jacques : ...merci. Mademoiselle la Fleur, serveuse à St Rupert, patrie de nos amis...
La Fleur : ...et des gens pas fiers...
Jacques : Hmhm... et monsieur X... dit Mozart, camarade de travail de Roger. Alors, oublions la galanterie, je commencerai par monsieur Mozart... non tout à l'heure. Monsieur Mozart, vous savez que nos amis télespectateurs sont friands d'anecdotes amusantes. Pardon. Alors dites-nous monsieur Mozart d'où vous vient votre sobriquet.
La Fleur : Il sait pas ce que c'est...
Jacques : Oui... si vous voulez, l'origine de votre surnom.
Mozart : Eh bien vous allez vous amuser, car l'anecdote en soi est très amusante, puisqu'il s'agit d'une anecd... d'une anecdote très amusante, figurez-vous que j'ai trouvé mon Stradivarius dans une poubelle...
Jacques : Oui voilà, vous pourriez le redire, c'est extraordinaire.
Roger : Non mais juste la fin.
Mozart : Poubelle.
Jacques : Haha oui, voilà. Vous avez entendu, cet homme a trouvé...
Mozart & Jacques : ...un Stradivarius dans une poubelle.
Clémentine : Non mais en fait y s'appelle Ducul, mais comme y baise avec son archet, vous pensez bien qu'on l'a pas raté...
Jacques : Oui merci oui, oui effectivement oui... notre ami Mozart a toujours son archet et son violon à portée de la main et je me suis même laissé dire qu'il avait quelques talents de violoniste...
Mozart : Ah violoniste, oui.
Les Dendrons : Oh non oh !
Mozart : Et à la demande générale, je n'en userai pas ce soir.
Clémentine : Ah.
Jacques : Merci... eh bien... il est modeste.
Clémentine : Il est pas fier.
Jacques : On l'applaudit quand même.
Clémentine : C'est fait.
Jacques : Merci. Alors, mademoiselle la Fleur... quel joli nom n'est-ce pas c'est charmant, et puis alors tellement évocateur...
La Fleur : Ouiii... ça évoque les fleurs.
Jacques : Oui, bien sur, les fleurs... alors... vous avez bien connue les Dendron, vous avez même souvent présidé à leurs repas. Alors dites nous ce soir comment mangeaient-ils et même... que mangeaient-ils car ils étaient très très pauvres n'est-ce pas ? Ils étaient très très pauvres.
La Fleur : Bon alors, je voudrais en profiter pour dire bonjour à maman, et à tante Odile qui est dans le Périgord... on est pas sur la troisième là ?
Jacques : Non c'est la première mademoiselle...
La Fleur : Ah bah tant mieux. Quand est-ce qu'ils vont se décider à mettre la troisième dans le Périgord ?
Jacques : Ecoutez c'est fait...
La Fleur : Ah bah dites-donc, faut voir la qualité hein... c'est une honte... la taxe, elle, elle bouge pas qualité ou pas.
Jacques : Ecoutez, nous ne sommes pas là pour discuter des problèmes de la télévision, alors...
La Fleur : Bah... si on discute pas des problèmes de la télé à la télé, quand les gens qu'ont la télé regardent leur émission de télé... ce sera quand est-ce alors ?
Jacques : Oui... ce sera quand est-ce alors merci. Eh bien, je vous rappelle que si une ou plusieurs des personnes que vous voyez ce soir vous sont sympatiques, vous pouvez les inviter à diner, en donnant votre nom, votre adresse, le nom de la personne, ou des personnes que vous invitez, ainsi qu'une idée du menu... à Gobelins quatre... oui ?
Clémentine : Eh ben et moi je sens la un ?
Jacques : Non attendez...
Clémentine : Vous m'interrogez pas ?
Jacques : Si attendez...
Clémentine : Pourquoi vous m'avez fait venir alors... pour montrer mon cul ? Jacques : Nan nan écoutez non... je vous en prie cette émission s'adresse à tous les publics.
Clémentine : Eh ben mon cul aussi.
Jacques : Hum hum non non non non écoutez non.
Clémentine : Eh ben...
Roger : Arrête tes conneries...
Clémentine : Et ne s'adresse... ah bon...
Jacques : C'est [...]
Clémentine : Bon je vais passer frangin, je vais vous dire un poème maudit... je peux dire un poème maudit tout de même ?
Jacques : Oui.
Clémentine : Main de vieille... cette main de vieille noueuse et tordue... cette main qui tremble d'avoir trop peiné... cette main de vieille, maman, c'est la tienne.
Roger : Oh !
Jacques : On applaudit bien fort, bravo. Mademoiselle Valence... mademoiselle Marguerite Valence, vous êtes... psychosociologue.
Marguerite entre
Marguerite : Entre autres, oui. Hinhinhin...
Roger : Hahaha...
Jacques : Asseyez-vous... justement, à ce titre de psychosociologue, on vous a confié la santé du jeune prodige qui, n'ayons pas peur des mots, tient entre ses mains... Tous : ...l'avenir du pays.
Roger : Il a pas peur des mots lui...
Jacques : Alors... parlez-nous de lui.
Marguerite : Ah. Ça tombe bien, je suis là pour ça. Hehe...
Jacques : Haha... justement.
Marguerite : Euh... dès sa naissance, le jeune Rodolphe Dendron présentait déjà un Gutri alarmant... oui.
Jacques : Oui... c'est les mots difficiles.
Marguerite : Hmhm... mais euh comme l'enfant se développait normalement, ses parents ne lui ont pas fait faire les examens d'usage.
Jacques : Oui, il aurait donc dû être ce qu'on appelle un débile mental.
Marguerite : Euuuh... absolument.
Roger : Oh ben... eh... y s'est gêné p't'être... haha...
Marguerite : Oui... mais enfin, chez lui, les symptômes sont apparus très tard... après l'école primaire...
Roger : Grâce à...
Marguerite : C'est en effet seulement vers dix ans que Rodolphe a désiré qu'on le nomme Pissenlit.
Jacques : Oui... avait-il une raison ?
Marguerite : Sa soeur s'appelait Clémentine.
Jacques : Bien sur... nom de fleur.
Roger : Eh, quand c'est les filles du président on demande pas pourquoi...
Jacques : Non mais j'ai pas demandé là, ça m'intéresse pas... c'est pas demandé...
Marguerite : Enfin bref, euh enfin l'enfant ensuite d'est mis à baver, à devenir incohérent, dyslexique, etcaetera, une catastrophe... et ce, jusqu'au jour où son père a trouvé un livre dans une poubelle.
Jacques : Oui... attention, incident bien banal, non ?
Marguerite : Non.
Jacques : Non.
Marguerite : Ah... non.
Roger : Non... pas de pot.
Marguerite : Non non. Non pas ce jour là, ni ce livre là. C'était une étude... à l'époque on disait même une fluctuation... du grand savant Michovitz axé sur les dérivations extra-essentielles du graphique de Boscop.
Jacques : Oui mais alors là, attention, je vous arrête, parce que... il serait peut-être souhaitable d'éclairer un petit peu la lanterne de nos amis télespectateurs, sinon tout celà peut paraître un peu compliqué... voire même un peu compliqué.
Marguerite : Anhan... haha... comme vous y allez... hmmm... c'est délicat, mais on peut y parvenir grâce à des images simples.
Jacques : Eh bien, allons-y.
Marguerite : Ceci est le graphique de Boscop. La courbe que vous voyez, c'est l'état des choses... les hauts et les bas se compensent suivant une formule dont Boscop avait l'intuition... formule qui est fonction de la matière, de l'inertie, des trois dimensions... j'en passe, j'en passe... j'en passe. Le premier, Michovitz, émit l'hypothèse que cet équilibre là était dû au fait qu'un des facteurs, le facteur u(z)... attention... u(z) était négatif. Hm ? Alors, il isola une série d'exemples pour le prouver, mais comme je me tue à le répéter, les exemples ne constituent jamais des preuves.
Jacques : Oui.
Roger : Eh oui... c'est ça la merde.
Jacques : Oui alors, justement, si le fameux facteur u(z) devenait positif, la courbe était ascendante.
Marguerite : En gros... oui ! Hahaha... le progrès, jeune homme, était mis en équation... mais tout celà restait utopie. C'est Pissenlit, qui à l'instant même où mourrait sa mère eu la révélation primordiale, oui, on pouvait faire varier u(z), mais en s'attaquant à la seule chose qui semblait inattaquable... la fameuse inertie... haha ! Ce qui en principe est immuable... l'inertie. Hein ? Hein ?
Roger : Eh... ya pas plus inerte...
Marguerite : Ya pas plus... haha...
Roger : Hehe...
Jacques : Oui... bien écoutez, tout celà est...
Marguerite : C'est...
Jacques : ...on, on ne trouve pas les mots, c'est...
Marguerite : Mmmh...
Jacques : ...effroyable... épatant. Alors, notre ami Rodolphe va maintenant pouvoir se reposer.
Marguerite : Euh se reposer... le gouvernement a fait construire à l'emplacement de l'ancien bidonville un magnifique complexe architectural, et ce je tiens à le signaler, qui comprends des salles de travail, des locaux résidentiels, des espaces verts, des... et tout celà à la disposition de Pissenlit et d'une équipe de savants... un centre de recherche avec piscine, vous voyez ?
Roger : Ouais...
Jacques : Oui.
Roger : ...ça il est chouette comme gouvernement hein d'ailleurs...
Jacques : Oui, oui parce que, d'autant plus il a ajouté, il ne faut pas le cacher, un sorte de centrale nucléaire.
Marguerite : Ah mais absolument, et personne à St Rupert d'ailleurs ne s'y est opposé, puisque les travaux de Pissenlit mettent en relief la supériorité de la science sur la matière.
Roger : Et puis nous de toute façon, euh quand on a vu arriver le deuxième char d'assaut, ça...
Jacques : Alors, ce graphique de Boscop, qu'est-ce que c'est, c'est vous, c'est moi, c'est la France, le monde, qu'est-ce que c'est ?
Clémentine : Oooh... qu'est-ce qui trimballe...
Roger : C'est pas vrai ce mec... ça fait quatre fois qu'on lui dit eh...
La Fleur : Oh lala...
Pissenlit : Eh t'es con hein ?! Con ! Il est con hein ? Ouuh il est con.
Marguerite : Non. Eh jeune homme, le graphique de Boscop, dites-vous que c'est Tout, avec un grand T...
Jacques : Oui... et ce T avec un grand Tout, a maintenant une raison mathématique...
Marguerite : Ouh-oui.
Roger : Eheh...
Marguerite : Et la raison mathématique, c'est Pissenlit qui va vous l'exposer lui-même.
Roger : Aaahaha...
Jacques : Et voilà... Pissenlit.
Pissenlit : Le principal, c'est la clarté. Soyons donc clair, clair, et clair. Je suis clair, tu es clair, ils sont clairs. Petit a, petit b, ecaetera. Un enfant pourrait comprendre. Je m'adresse aux enfants. Bonjour les petits enfants ! Ça va bien ? Hein ? Ça va bien ? Allez, attention, on y va. Suivez-moi bien... u(z) est un grand chat rond... un petit chat, voilà... mc² un poisson vert... h c'est la croix violette, et phi c'est l'oiseau bleu, le reste... petit.. petit... tout ça... blblbl... envolé. La volée... la volée... bon. Attention, on y va. Chat mange poisson, poisson mange l'oiseau, oh ! Vilain chat ! Croix sur chat... caca prout. Grrr.
Jacques : Hum... alors, attention alors, est-ce qu'il ne faudrait pas intervenir ici ?
Marguerite : Non attendez, les chiffres sont exacts.
Pissenlit : Gamma plus x égal toute issue... maman... pourquoi il est si doux ton pull-over ? Les géraniums sont en bouton. Tiens, tiens, tiens, où est le jardinier ? Une croix, deux croix, trois croix, le gé'anium... il est pa'ti le ja'dinier... pa'ti, il est pa'ti. Ooh. Et phi. Et phi dans tout ça, hein ? Eh bien phi... phi trois dimensions... peut-être quatre... eh oui. Hier, la quatrième tout verte... ah non ! Non non ! Elle est marron... marron ! Voilà... phi est cassé mon petit oiseau bleu... [...] il est tout rouge, miaou. J'ai trouvé. Non j'ai pas trouvé. C'est impossible, personne y trouvera jamais, c'est mal barré.. haha... c'est moi qui vous le dis... voilà... voilà... on ne peut pas empêcher le chat rond de rougir hein... pas piqûre, pas piqûre... je veux pas ta piqûre oooh... elle m'énerve celle-là oooh...
Marguerite : Arrêtez-le, moi j'efface.
Pissenlit : Je ne suis pas un obsédé sexuel, donc je ne suis pas un débile mental... tous les mathématiciens sont des débiles sauf moi... haha...
La Fleur : Eeh... [...]
Pissenlit : Ah nan ! Eh là... faut pas l'empêcher de rougir.
Marguerite : Bon arrêtez... coupez vous !
Jacques : Oui enfin, le téléphone est cassé, c'est pas facile voyons !
Pissenlit : La ligne bleue des beaux chemins ras-plat-plat... aaaah ! Je suis un mutant. Je vois tout ! Je vois tout !
Marguerite : J'en étais sûre ! Je leur avais dit... ça c'est sûr.
Pissenlit : Je vois ta culotte !
Marguerite : Aaah !
J'ai vu [...] de la postière, [...], sa culotte en dentelle par-devant, par derrière et youp-la-da, j'ai vu [...] de la postière, [...], sa culotte en dentelle par-devant, par derrière et youp-la-da.

Intermède
Pissenlit : Incroyable... vraiment. Tsss. Une maladie que j'avais inventée moi-même... ils me l'ont inoculée. Pendant que je faisais l'andouille ces salauds-là notaient les symptomes. Si je continue [...] je pourrai plus me contrôler... cette sacrée nana qui me surveille. J'ai le choix entre l'asile et l'enfer...
La Fleur : Ben t'aurais mieux fait de rester à St Rupert.
Pissenlit : Ben eh, je voulais. Y m'a envoyé voir Michovitz. Y m'aurait jamais reconnu tu parles... un débile mental. Eh... mes lettres étaient anonymes.
La Fleur : M'enfin, le café de la poste faisait froid.
Pissenlit : Ils veulent pas reconnaitre qu'on peut pas contrôler les effets secondaires sur phi alors...
La Fleur : Tu sais tout ça pour moi c'est du chinois.
Pissenlit : Mais... c'est important la Fleur... tiens... toi par exemple... hein ? Tu n'es pas une formule algébrique...
La Fleur : Je m'en doutais bien.
Pissenlit : Bon, imagine, tu prends St Rupert, ses maisons, ses habitants, son clocher...
La Fleur : Son restaurant aussi ?
Pissenlit : Ouais... son resto aussi... si tu touilles tout ça dans une grande marmite, au moment où tu t'arrêteras de touiller tu tomberas pas forcément sur un village différent... non. T'auras beaucoup plus de chances de tomber sur un chaos de pierrailles et de ruines... oh mal barré cette histoire... mal barré, mal barré.
La Fleur : Eeh... faut-il encore pouvoir touiller.
Pissenlit : Ouais... ya longtemps que j'ai trouvé le moyen de touiller moi.
La Fleur : Oh ben alors écoute, chapeau.
Pissenlit : Tu te moques de moi ?
La Fleur : Ah non. Je t'aurais pas apporté du miel de bruyère comme tu aimes... tiens, je vais prendre celui-là aussi hein.
Pissenlit : Oh oui.
La Fleur : La couleur me va pas mais... je pourrais toujours en faire un chouette rideau... hein ?
Pissenlit : Oh oui... ce sera pas triste hein ?
La Fleur : Ouais allez...
Pissenlit : Allez hop. Embarqué.
La Fleur : Ouais.
Pissenlit : Tu comprends rien aux mathématiques toi la Fleur hein ?
La Fleur : Ben tu sais... moi j'ai été obligée de travailler de bonne heure et...
Pissenlit : ...et ?
La Fleur : ...et pis j'ai pas quatre bras.
Pissenlit : Ouais. Et euh... qu'est-ce tu penses de moi ? Enfin euh... comme mec, quoi.
La Fleur : Comme mec ?
Pissenlit : Ben oui.
La Fleur : Bah... t'es pas un type ordinaire... des fois t'es marrant quand tu fais ça c'est sûr...
Pissenlit : Ça c'est sûr ! Ça c'est... oui... oui... bien sur, bien sur... oui, oui...mais c'est tout de même un peu léger comme plaisanterie non ? Non ? Hein ? Eh... dans vingt ans... dans vingt-deux ans ça te fera toujours marrer ?
La Fleur : Ah ça c'est pas sûr...
Pissenlit : Eh oui...
La Fleur : Bah eh... pour rigoler du même truc pendant vingt ans, faudrait quand même être un peu con non ?
Pissenlit : Ça... ça... ça c'est vrai oui... c'est vrai... tiens, regarde, si Roger m'achetait un resto tu m'épouserais... hein ?
La Fleur : Ouais... mais alors faudrait trouver quelqu'un pour servir en salle... parce que moi je veux pouvoir me reposer de temps en temps.
Pissenlit : Bah eh... eh... t'as pas quatre bras hein ?
La Fleur : Tout juste...
Pissenlit : [Gniafigniafi]... ihihihi... je vais te d'épouse !
La Fleur : Haha allons bon...
Pissenlit : Pissenlit... iii... et gna Fleur, y vont se marier d'accord ?
La Fleur : D'accord !
Pissenlit : Eh on va avoir des beaux enfants hein ?
La Fleur : Voilà.
Pissenlit : Oulah, y vont être beaux nos enfants. Ohla... ohlala... qu'est-ce qui vont être beaux... ohla... ohlala... bon. Bon allez, on va allez le dire à Roger. Roger y va être étonné.
La Fleur : Ça c'est sûr...
Pissenlit : Euh non... non non... ça c'est sû'...
La Fleur : Ça c'est sû'...
Pissenlit : Oui... ça... c'est... sû' !
La Fleur : Ça... c'est... sû' !
Pissenlit : Voilà.
La Fleur & Pissenlit : Ça c'est sû'... ça c'est sû' et ça c'est sû'... ça c'est sû' et ça c'est sû'... ça c'est sû' et ça c'est sû'... ça c'est sû' et ça c'est sû'...

Mozart : Ne croyez pas que j'exagère... si j'affirme qu'à St Rupert... et à Paris je fut témoin... de grand changements de destin.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Roger : J'ai connu Dorothée Dendron... en cuisine elle avait des dons... si elle ne gronde plus ses enfants... c'est que elle est morte à présent.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Ahmed : Je suis Ahmed toujours content... quand je peux consacrer mon temps... à balayer à nettoyer... alors pour moi rien n'a changé.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Clémentine : Le jour où ravalant mes larmes... j'ai cessé de vendre mes charmes... je rencontrais le grand savant... qui sût toucher mon coeur d'enfant.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Jacques : J'ai rien vu mais j'ai tout compris... car je connais le tout Paris... je peux vous dire que Michovitz... était un rescapé d'Auschwitz.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
La Fleur : Je n'étais pas une arriviste... là on m'a prise à l'improviste... je vais vous en dire une bien bonne... j'étais serveuse je suis patronne.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Pissenlit : Enfant débile parti de rien... je ne valais pas plus qu'un chien... j'ai refusé d'être un héros... je suis revenu à zéro.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Marguerite : Un agent du gouvernement... a besoin d'être séduisant... mon boulot n'est pas sympatique... je dois compter sur mon physique.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.
Roger : Le seul qui tire son épingle... de cette aventure où les dingues... font trois petits tours et puis s'en vont... c'est moi l'idole Roger Dendron.
Tous : Viens à St Rupert, ya des gens pas fiers, tu vas t'amuser, tu voudras rester, tu vas t'amuser, tu voudras rester.

Mozart & Pissenlit : C'est fini. Quand vous voulez sortir, c'est par là et par là. Pas par là. Vous pouvez parler entre vous.
Clémentine : Ya TF1 !

FIN

Mozart (Patrice Minet)
Roger (Romain Bouteille)
Dorothée (Catherine Mitry)
Ahmed (Jacques Sigaux)
Clémentine (Sotha)
Jacques (Christian Spillemaecker)
La Fleur (Odile Barbier)
Pissenlit (Philippe Manesse)
Marguerite (Marie-Christine Descouard)